En Guadeloupe, après Noël, tout le monde est à l’heure du carnaval. Dès le 1er week-end de l’année chaque commune organise sa parade. Martine, qui faisait partie du groupe Restan la au Gosier, vous parle du carnaval version guadeloupéenne. Si vous avez manqué les destinations précédentes du tour des Carnavals du monde retrouvez les articles sur Paris, Bordeaux, Rio de Janeiro et Trinidad.

Du décrassage aux jours gras

Ici le Carnaval commence le 1er dimanche du mois de janvier, avec le décrassage des carnavaliers : un bain de mer symbolique avant de commencer les défilés. Puis les fêtes continuent jusqu’aux jours gras. Les grandes parades ont lieu le dimanche et le mardi gras à Basse-Terre et Pointe-à-Pitre. Ces jours là, les groupes portent leurs plus beaux costumes, ceux qu’ils ont préparés pendant toute l’année.

 

Plutôt groupe a pô, a mass ou a caisse claire ?

Chaque groupe a ses spécificités.

Les groupes a mass se reconnaissent facilement avec leurs masques. Ils utilisent moins d’instruments. Ils mettent l’ambiance avec les steelpans et des sifflets. L’un des plus connus est Mass Moule Massif.

Les groupes a pô ouvrent généralement le passage en faisant claquer leurs fouets sur le sol. Il y a souvent beaucoup de monde dans ces groupes. Ils diffusent aussi de l’encens. On dit que les masques attirent le mal, c’est une façon symbolique de chasser les mauvais esprits.

Les groupes a caisses claire se caractérisent plutôt par les instruments (trompettes, caisses claires..) et les costumes souvent à plumes et à paillettes. Parmi eux on peut citer Prestans ou encore Matamba.  A l’inverse les groupes a pô utilisent plutôt des tambours traditionnels (Ka), des conques de lambi et des chachas. Le plus emblématique est Akiyo.

Akiyo c’est LA référence des groupes a po ! Même si le groupe arrive à minuit toute la foule l’attend. Akiyo c’est plutôt “maché an mass la” : le groupe déboule vraiment dans la rue, sans s’arrêter ! C’est la tradition pure, les carnavaliers ne portent pas réellement de déguisement ou alors ils sont très sommaires étant donné la foule d’adhérents (plus de 1000). Akiyo est ancré dans la tradition et utilise souvent des matières naturelles : feuilles, cornes de bœufs, sacs en jute ou simplement du goudron ou du roucou* sur leurs visages et sur tout le corps.

Voici l’essentiel du carnaval de Guadeloupe sans oublier le carnaval des enfants, les concours de reines du carnaval, les vidés en pyjamas et les compétitions de groupes !

Si vous tenez le rythme jusqu’au mercredi des cendres, rendez-vous à Pointe-à-Pitre vêtu en noir et blanc pour clôturer les festivités et brûler Vaval, le roi du carnaval. Ce dernier ressuscite le jour de la mi-carême où la foule l’attendra vêtue en rouge et noir pour reprendre les festivités pendant 24 heures !

Bon carnaval à tous les Guadeloupéens d’ici et du monde !

* Roucou : les graines de roucou donnent une couleur rouge. Le roucou est encore utilisé par certains indiens en amérique latine pour se peindre le visage.

Rédaction : Doris Nol pour Caribexpat.com 

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