AFRIQUE DU SUD | Le portrait de la semaine est celui d’un martiniquais à Johannesbourg : Olivier Laouchez. Caraibexpat a rencontré le PDG du Groupe TRACE qui vit depuis une dizaine d’année en Afrique du sud. C’est autour d’un café qu’il partage son parcours et vous parle également de Trace Play, le “Netflix version culture afro-urbaine” dont la sortie est prévue en octobre 2016.

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PS : désolé pour les bruits de fond, mais vous vous rendrez compte que nous étions vraiment dans un café avec d’autres clients autour, pas évident à gérer pour des amateurs autodidactes de l’audiovisuel même avec un micro…:-).

L’interview d’Olivier LAOUCHEZ, martiniquais à Johannesbourg

Bonjour Olivier, pouvez-vous nous résumer votre parcours ?

Olivier Laouchez, j’habite aujourd’hui à Johannesburg et je suis le PDG du Groupe Trace.
Je suis partie de Martinique après avoir passé mon bac au Lycée Schoelcher en 1983, j’ai d’abord fait deux années de préparation aux grandes écoles de commerce puis j’ai intégré l’école supérieur de commerce de paris dont j’ai été diplômé en 1988. Ensuite je suis partie pendant 2 ans vivre en Indonésie, j’ai travaillé dans le secteur de l’automobile pour le groupe Renault, à la direction du développement commercial. Puis je suis rentrée en Martinique, j’ai créé une société de production audiovisuelle. J’ai ensuite créé ATV qui a démarré en 1993. Je suis resté en Martinique de 1993 à 1998. En 1998, je suis parti en métropole pour prendre la direction d’un label musical qui s’appelait secteur A. Après secteur A, j’ai créé ce qui est devenu Trace : 18 chaînes de télévision, 7 radios, des activités de production audiovisuelle, des services de téléphonies mobile, plus de 60 millions de foyers abonnés dans le monde, 180 pays couverts, à peu près 150 salariés,

Vous allez bientôt lancé Trace Play, de quoi s’agit-il ?

On lance le 1er septembre, 3 nouvelles chaînes de télévision et ensuite au mois d’octobre, une plateforme de SVOD, Trace Play, qui va proposer le meilleur du contenu caribéen, africain, urbain, afro-américain,  aussi bien en matière de films, séries, magazine, documentaire….un “Netflix afro urbain”

En arrivant en Afrique du Sud, quelles sont été vos premières impresssions ?

Cela fait une dizaine d’années que j’ai réalisé mon premier voyage en Afrique du Sud. J’ai adoré ! J’étais très surpris, j’avais l’impression qu’en terme d’infrastructures à Johanesbourg, on était assez proche de l’Europe, et en même temps dans un pays extraordinaire qui était en pleine transition, qui n’a pas encore complètement enterré les stigmates de l’apparteid. Un pays qui est en train de se construire. Très compliqué, mais très intéressant.

En tant que martiniquais à Johannesbourg, qu’est-ce-qui vous plaît le plus dans ce pays ?

Cape Town, c’est tout simplement superbe. J’aime bien également aller à Durban. J’ai l’impression que Durban c’est un petit peu la Caraïbe de l’Afrique du Sud du côté de l’Océan Indien. Les gens adorent la musique, c’est aussi lié à la culture. Ils ont beaucoup d’énergie, une volonté de réussir, aussi bien pour la majorité de la population qui a vécue dans l’apparteid pendant longtemps et qui a aujourd’hui envie de se rattraper avec une frénésie importante de consommation avec le sentiment qu’il faut réussir très très vite, ce qui crée d’ailleurs d’autres problèmes sur la manière de faire les choses. On ne peut pas encore dire que les plaies de l’appateid soient réellement pansées parce qu’il y a encore une vraie segmentation raciale dans tout ce qui est fait même les pratiques culturelles : des boîtes de nuit pour les Noirs, pour les Blancs, les “Coloured”, les Indiens…les gens ne se mélangent pas tant que çà. C’est un pays qui doit encore construire son “vivre ensemble”.

Que rapportez-vous de vos expériences internationales à la Martinique ?

Je crois que j’en apporte au quotidien parce que je continue à travailler en Martinique tout en étant à la tête de ce groupe international. C’est une filiale de Trace, nous investissons dans la radio, la télévision, la production audiovisuelle, un peu dans le digital. J’ai amené beaucoup de la Martinique au reste du monde, beaucoup de ce que j’ai pu apprendre ici. Nous sommes d’abord, une vraie expérience plutôt réussie, une vraie diversité culturelle, religieuse…quand j’ai travaillé en Martinique, j’ai travaillé dans la télévision de proximité, ce qui m’a amené à m’intéresser aux gens tout simplement, les personnes qui nous regardent, qui nous écoutent qui interagissent avec nos programmes et donc un très grand respect des gens et toujours se rappeler que l’on travaille pour eux, on ne se fait pas plaisir, on travaille pour des gens qui vont acheter des produits, des services, à qui on va amener beaucoup de bonheur, parce qu’on amène de la musique, de l’entertainment. J’ai essayé d’amener çà et j’amène çà au quotidien dans toutes mes activités en Afrique et dans le reste du monde. Ce qu je j’ai pu amener  de l’Afrique c’est aussi, l’Afrique c’est une partie de nos racines et donc mieux comprendre, le système des grandes familles africaine,s le système des tribues africaines qui est encore très très important aujourd’hui. Mieux comprendre une partie de notre patrimoine, notre ADN qui est toujours quand même là-bas.

Après un tel parcours, quel peut bien être votre rêve aujourd’hui ?

Mon rêve c’est aller jusqu’au bout de la construction que j’ai entamé en lançant Trace c’est à dire connecter à travers médias, aussi bien télévisuels, radio, digitaux l’ensemble des populations d’origines africaines, populations noires d’origines caribéennes, afro-américaines, brésilienne, et faire en sorte qu’à travers la culture, l’entertainment toutes ses populations qui ont des racines communes, se retrouvent, échangent, partagent car je pense qu’on est certainement la communauté la plus créative du monde, et qu’on amène notre message au reste du monde à travers nos expériences et nos vécus…

Rédaction : Doris Nol pour Caribexpat.com 

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