Retrouvez les interviews de membres Caribexpats tous les jours à 12h30 en partenariat avec la radio RCI dans l’émission “Les Antillais dans le Monde”. Cela fait plus de 25 ans que Véronique, antillais à Saskatoon s’est installée dans cette ville du Canada. Zoom sur son parcours !
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veronique antillaise a saskatoon canada caribexpat profilRéécouter l’ interview de Véronique, expatriée antillaise à Saskatoon (Canada)

Partie 1 – l’ interview de Véronique, expatriée antillaise à Saskatoon (Canada)

Véronique bonjour ! Je vous appelle où exactement au Canada ?

La région s’appelle Saskatchewan, c’est une région de prairies qui se trouve en plein milieu du Canada.  Je suis à Saskatoon qui est la ville principale commerciale de la province.

Depuis combien de temps est-ce que vous êtes là ?

Je suis venue tout d’abord en 1991, mais je me suis installée définitivement en 1993 donc cela fait 25  ans cette année.

Quelle est votre parcours ? Vous avez d’abord grandi en Martinique ?

J’ai grandi en Martinique à Trinité. Je suis une trinitéenne, une supportrice de la gauloise jusqu’à ce jour et après avoir eu mon baccalauréat, je suis partie faire mes études à Montpellier. C’est à partir de là que j’ai atterri à Saskatoon pour faire un stage. J’y ai rencontré mon mari et je n’y suis jamais repartie !

Dans quel secteur est-ce que vous avez étudié ?

J’ai étudié dans le secteur des langues, j’avais fait un double diplôme en langues et en éducation. Et puis, j’avais fait une maîtrise de traductrice et il me fallait un stage pour pouvoir valider ma maîtrise. De fil en aiguille, je suis arrivée à  faire un stage à Saskatoon. Cela m’a énormément plu, j’ai adoré les prairies, le paysage m’a fasciné et j’y ai rencontré mon mari et voilà.

C’était un stage dans quoi quand vous êtes arrivé au Canada à l’époque ?

A l’époque, il me fallait faire un stage, quel que soit le domaine. Il fallait être en immersion dans le milieu professionnel en anglais. J’avais déjà fait quelque chose de similaire en Espagne et il me fallait faire quelque chose en anglais. Donc, j’arrive à Saskatoon et par des connaissances, un oncle à moi qui faisais des affaires avec une société de logistique et de transport ici. J’arrive chez eux et je me retrouve à faire toute sorte de permis de transport pour cette société pendant plusieurs mois. Ce n’était pas du tout dans la traduction ou l’éducation, c’était dans le transport. Le stage a duré, quatre mois, je l’ai fait pendant l’été en 1991 de mai à septembre je pense.

C’est là que vous avez rencontré votre époux ?

C’est cela ! Mon mari travaillait pour eux, il était en charge de la sécurité routière. On se rencontre au travail et finalement il a fallu quand même que je reparte au bout des quatre mois. Nous avons correspondu pendant deux ans et finalement, je suis revenue sur Saskatoon.

Pendant ces deux années, qu’est-ce qui s’est passé ?

Je suis repartie en France pour finir ma maîtrise. J’ai travaillé un petit peu et j’ai essayé de retourner au Canada. Donc, je reviens au Canada, je fais six mois et puis mon visa a expiré parce que c’était un visa de visiteur. Je suis obligée de repartir mais cette fois-ci je repars en Martinique. Entre temps, il vient passer quelques temps en Martinique. Au final, je me dis que si on doit être ensemble il faut vraiment que je reparte au Canada donc je repars au Canada, je me retrouve avec un visa de six mois. Je rencontre une dame au service de l’immigration avec qui je sympathise. On discute et de fil en aiguille, elle m’aide à m’obtenir un visa pour plus longtemps, donc elle me renouvelle mon visa de six mois pour me permettre de rester un an et d’entamer une procédure pour devenir une résidente permanente.

Partie 2 – Interview Véronique, antillaise à Saskatoon (Canada)

On se pose la question de savoir pourquoi vous ne vous êtes pas mariés, cela aurait résolu tous les problèmes…

Oui mais bon, il fallait quand même que je sois sûre. La première fois que je suis venue en 1991, je suis arrivée et c’était l’été. L’ été ici est magnifique : chaud avec le magnifique ciel bleu et des journées passées au bord du lac à ce relaxe. La deuxième fois il faisait quand même – 20 et – 30 degrés. C’était l’hiver et c’était blanc partout ! Je n’étais  pas encore entièrement certaine de vouloir y vivre à plein temps. Donc, c’était une façon pour moi de tâter le terrain.

Finalement, cet hiver, vous l’avez adopté fatalement avec le temps ?

Je vais vous avouez que tous les mois d’octobre, je me demande “mais qu’est-ce que tu fais là ?”. En même temps, vous savez, c’est tellement beau et puis cela ne dure pas toute l’année. On s’en fichait, plus ou moins, on apprend à vivre avec, on s’équipe. Cela reste quand même une période qui est aussi belle à voir, donc on s’y fait.

Parlez-moi maintenant boulot. Vous faites quoi aujourd’hui Véronique ?

Je suis en charge de la communication pour Orano-Canada, qui est donc une filiale du groupe Orano qui est un groupe français. Nous avons changé de nom depuis janvier 2018. Le groupe s’appelait Areva et est devenu Orano parce qu’il s’est restructuré. Cela fait 23 ans que je travaille pour Orano à Saskatoon. Nous faisons des mines d’uranium, nous produisons de l’uranium qui sert comme fuel pour les centrales nucléaires et pour l’électricité.

Dans votre travail vous voyagez ou est-ce que vous restez plutôt à Saskatoon ?

Je voyage énormément dans le nord de Saskatchewan. Notre bureau est à Saskatoon, mais les mines sont à environ à 800 kilomètres au nord de Saskatoon, donc j’y vais régulièrement. Je vais aussi régulièrement dans les petits villages non loin de là. Bon les distances sont un peu différentes en Martinique ou en France. Non loin pour nous cela fait 200 kilomètres donc le plus proche village de nos mines  est à 200 kilomètres. Je voyage aussi pas mal aux Etats-Unis parce que nous avons des sociétés sœurs aux Etats-Unis, qui produisent du fuel pour les réacteurs. Et puis de temps en temps, en France ou ailleurs, selon les besoins.

Après plus de 30 ans, je suppose que vous étiez probablement la première antillaise à Saskatoon à ou presque ?

Quand je suis arrivée, je pense qu’il y avait deux ou trois jamaïcains, deux ou trois trinidadiens, une de Saint-Vincent avec qui j’ai bien sympathisé et puis j’étais à l’époque la seule antillaise à Saskatoon, enfin martiniquaise. Il y avait aussi deux ou trois personnes d’Haïti.

Partie 3 – Interview Véronique, antillaise à Saskatoon (Canada)

A l’heure actuelle, nous sommes trois martiniquais à Saskatoon donc c’est sympathique. On se retrouve. On était quatre et puis une de nous est partie à Montréal. Ce n’était pas évident mais disons que c’était intéressant pour moi de faire connaître aux gens mon île et la culture.

Vous êtes vraiment très bien intégrée après toutes ces années. Mais qu’est-ce qui vous séduit toujours ou qu’est-ce qui vous déplait ?

Ce qui me déplait bien sûr, les températures. En moyenne, je dirai que c’est entre -15 et -20 degrés  l’hiver mais on a des pointes à -35 et -40 degrés. Je ne pense pas que cela plaise à qui que soit. Même les gens qui sont nés ici s’en plaignent ! Ce qui me plait le plus, ce sont les vastes étendues. C’est immense ! La ville de Saskatoon par exemple est de la taille de la Martinique. La province de la Saskatchewan est de la taille de la France en gros et même un peu plus. C’est vaste et il n’y a pratiquement personne. Sur une étendue plus grande que la France, il y a en gros 1 million de personne. Cela me plait qu’on puisse voyager pendant des heures sans voir un chat avec la nature, les animaux, les caribous, les loups, les ours…et de vivre en cohésion avec la nature. C’est une région agricole, il y a des champs de blés, des champs de moutarde, des champs de colza à perte de vue. Et c’est beau ! C’est ce qui m’a plu et c’est ce qui plait toujours.

Votre travail doit vous plaire aussi ? Parce que contrairement à ce qu’on voit souvent en Amérique du nord où les gens changent d’employeur ou de villes, vous êtes restée dans cette entreprise ?

Oui, bien sûr, j’ai eu beaucoup d’autres opportunités mais je n’avais pas envie de partir de Saskatoon. Vivre à Saskatoon, c’est comme vivre en province, on y retrouve un certain calme et en même temps toutes les facilités d’une grande ville. Cela m’a plu, je n’avais pas envie de partir. Pareil, au niveau du travail, j’ai progressé au fur et à mesure des années, j’ai beaucoup appris. Et puis, aujourd’hui, je suis passionnée par ce que je fais. Je connais notre industrie, je connais les gens qui y participent et qui y contribuent. Cela m’a permis de me développer professionnellement mais personnellement aussi. J’ai commencé une association pour les femmes qui font partie de la mine parce que cela reste quand même un métier tourné vers les hommes. Donc, j’avais lancé cette association pour impliquer les femmes dans une industrie qui a quand même beaucoup à offrir à qui que ce soit, que ce soit homme ou femme. J’ai évolué ici et puis je n’ai jamais eu envie de partir.

Et vous avez aussi des enfants ?

Oui j’ai un fils naturel et deux fils adoptifs. Ils sont grands maintenant, mes deux fils adoptifs ont 29 et 27, et mon fils naturel a 20 ans.

de chez nous, je leur parle beaucoup de gastronomie pour les inciter à venir chez nous et à découvrir.

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