Les Caribexpats sont interviewés tous les jours à 12h30 en partenariat avec la radio RCI dans l’émission “Les Antillais dans le Monde”. Valéry, antillais à Marrakech est tombé amoureux de cette ville. Il a créé son entreprise au Maroc il y a deux ans. Il partage son parcours.
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Réécouter l’interview de Valéry antillais à Marrakech

Partie 1 – Interview de Valéry antillais à Marrakech

Bonjour Valéry ! On vous appelle au Maroc mais où êtes-vous exactement et qu’est-ce-qui vous amène ici ?

Je suis à Casablanca. Çà fait 2 ans exactement. C’est la beauté du pays, tout ce qui est artisanat local que j’aime beaucoup. C’est pour ça que je suis resté. A la base, j’étais  venu pour un petit moment, puis je me suis installé.

Comment  est-ce qu’on décide de s’installer au Maroc ?

J’étais venu par rapport au commerce pour voir les produits, savoir si j’aurais pu faire de l’exploitation, trouver des bons fournisseurs et au final je me suis installé. J’ai trouvé un bon coin et j’y suis resté.

Donc vous avez grandi en Guadeloupe. Racontez-moi votre parcours.

J’ai suivi ma scolarité à Sainte-Rose et Petit bourg. Je ne savais pas trop ce que je voulais faire à l’époque du Bac. Je n’ai pas eu mon Bac. Je suis parti en France, j’ai fait des formations. Je travaillais un petit peu mais la vie parisienne, ne me plaisait pas forcément donc je suis retourné en Guadeloupe. J’ai voulu voyager, voir l’Afrique et j’ai atterris au Maroc.

Qu’est ce que vous avez fait pendant ces vacances là qui ont fait que vous avez pris cette décision ?

J’avais lancé un petit commerce de cosmétiques  en Guadeloupe. J’étais parti au Maroc qui est connu pour les cosmétiques, les huiles, l’argan, les produits pour les cheveux et la peau. C’est pour çà que je suis resté. Je suis parti à Marrakech pour voir à la source comment ils produisaient l’argan. J’ai quand même des distributeurs en Guadeloupe et en France à qui je peux envoyer des produits.

Comment avez-vous pu vous installer ? Quelles démarches avez-vous entreprises ?

J’avais déjà une connaissance au Maroc qui m’a trouvé un appartement saisonnier. Ensuite dans le même quartier, j’ai pris un meilleur appartement pour une longue durée. J’ai créé une société quelques mois après. En faisant la société tourner, j’ai fait une demande de résidence, après l’avoir obtenue j’étais un peu plus stable. En fait, si vous voulez rapporter quelque chose, vous êtes le bienvenue. Comme on dit ici “Mahaba”. Et comme je suis jeune, curieux, ils ne savent pas d’où je viens et ne connaissent pas la Guadeloupe, ni les Antilles, et la Caraïbe…ils accueillent  super bien les gens. C’est çà qui m’a plu.

Et la vie sur place ? La langue ? Comment est ce que vous vous êtes intégré ?

J’ai pris des cours d’arabe, mais petit à petit vous arrivez à comprendre quelques mots, à échanger et çà vient tout seul. Vous pouvez apprendre une langue et ne pas la parler parce que vous n’êtes pas dans le bon lieu. Mais si vous êtes dans le pays, vous allez forcément vous l’approprier.

Comment fonctionne le business depuis que vous vous y êtes mis ?

C’est familial parce que j’ai ma famille en Guadeloupe qui s’occupe de distribuer, faire la publicité et moi je suis ici et ça se passe très bien.

Racontez-moi la vie à Marrakech

Il y a le milieu de Marrakech un peu festif, et le milieu de Marrakech nature, rivière c’est-à-dire les champs d’oliviers. Je suis plus de ce côté là. On connaît Marrakech pour des spectacles, l’évènementiel. Mais je ne suis pas du tout dans ce monde. J’étais un peu dans le sud de Marrakech. C’est un petit peu retiré et c’est magnifique. Il y a des champs d’oliviers, des grandes villas perdues. Vous n’imaginerez jamais qu’il y a des maisons construites dans des endroits perdus comme ça…c’est là que je me suis retrouvé et c’est magnifique !

Et au niveau du coût de la vie ?

Ici la vie elle n’est pas forcément chère : le logement, l’alimentation…ce n’est pas cher. Ce n’est pas comme en Guadeloupe où on achète un pot de Nutella à 8 euros !

Partie 2 – Interview de Valéry antillais à Marrakech

Je pense que le Maroc est l’un des pays le plus sécurisé. Je n’ai pas entendu d’histoire de terrorisme ici. Vous allez à la Banque et les gens sortent 10.000 euros devant vous dans un petit sac normalement. A chaque coin de rue il y a des agents de sécurité qui travaillent pour les renseignements généraux. Tout le monde connaît tout le monde. Si demain vous venez chez moi, tout le monde sera au courant.

Quels sont vos projet Valéry ?

C’est d’ouvrir une boutique de décorations en Guadeloupe, quelque chose comme ça, parce qu’il n’y a pas beaucoup de choix. Il y a trois ans, je suis rentré en Guadeloupe et j’ai constaté que ce n’est pas très avancé dans le secteur des décorations. J’aime beaucoup cela et c’est plutôt dans ce secteur que j’ai des projets.

Vous vous promenez dans les souks et les endroits comme ça ?

Exactement et surtout à Marrakech. Traîner dans les petits souks comme quand vous êtes à Paris où vous allez dans les petites braderies, vous essayez de trouver des petits objets…Je fais pareil. J’aime aller dans les petits souks, les petits coins et j’essaye vraiment de trouver de bons produits. J’aime beaucoup le fait-main également.

Vous vous êtes fait des amis ? Vous avez aussi rencontré des Antillais à Marrakech ?

Oui, il y a pas mal d’Antillais à Tanger, et d’antillais à Casablanca.

Dans quel secteur ils sont en général ?

Ils sont toujours dans le commerce. J’ai un projet d’ouvrir un restaurant pour vendre des bokits avec un ami guadeloupéen. Ici c’est facile d’ouvrir un petit snack ou un magasin d’alimentation. Les gens mangent beaucoup ici.

Et au niveau des amis marocains sur place, vous vous en êtes fait également ?

Pas mal. Là, je ne sais pas si ce sont vraiment des amis parce que comme j’ai dit, ici quand vous leur apportez quelque chose, vous êtes le bienvenue. On va plutôt dire des associés ou des collègues.

Vous voyagez pas mal au Maroc. Est-ce que vous avez voyagé dans les pays voisins aussi ?

Non, pas vraiment. J’ai fait des petits voyages en Espagne, mais pas encore dans le Maghreb ni en Mauritanie ou en Algérie. J’ai vu le désert mais je n’y suis pas vraiment allé.

Quels sont vos rapports avec La Guadeloupe ? C’est aussi le business, mais est-ce que vous y retournez de temps en temps ?

Je pense y retourner mais pas maintenant. Peut-être dans un an deux ans, mais plutôt pour deux semaines ou trois semaines. Pour le moment je me vois plus vivre au Maroc.

Vous envisagez de vous installer à plus long terme au Maroc ?

Exactement. J’aimerais dire qu’il est vrai qu’on a peur de voyager, découvrir d’autres horizons mais c’est très simple en fait. Il n’y a pas mieux pour s’ouvrir l’esprit, ouvrir son cœur. Vous allez découvrir des gens, des comportements, des mœurs… En fait chacun a quelque chose à apporter à l’autre. On est aux Antilles, on a appris  beaucoup de choses, on a une culture et le fait de la partager ça fait passer de bons moments.

Qu’est-ce que vous avez appris sur vous-même ?

La patience. Parfois, il en faut beaucoup ici. On est habitué au côté occidental, à la rapidité dans l’administratif, via internet, mais ce n’est pas partout comme çà. Il y a des endroits où on a pas cette chance.

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