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Retrouvez les interviews de membres Caribexpats tous les jours à 12h30 en partenariat avec la radio RCI dans l’émission “Les Antillais dans le Monde”. Aujourd’hui Noham, guadeloupéen à Tokyo nous raconte son aventure depuis le Japon où il est parti s’installer il y a 11 ans déjà !
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Partie 1 – Interview de Noham guadeloupéen à Tokyo

Bonsoir Noham, vous êtes installé au Japon depuis 11 ans, ça n’est pas rien, vous êtes Japonais maintenant !

Non. Je suis installé ici depuis 11 ans et je travaille ici, j’ai ma petite famille aussi, tout va bien pour l’instant. Étant donné que j’ai rencontré ma dulcinée au Japon, je me suis dit “j’ai rencontré une japonaise. Ce n’était pas prévu au programme, mais c’est arrivé”.

Est-ce qu’on peut revenir sur votre parcours et ce qui vous a amené à quitter la Guadeloupe ?

J’étais au lycée de Providence aux Abymes. Je voulais continuer mes études en gestion et j’ai décidé de partir en France hexagonale pour 4 ans. Et durant ces 4 ans, j’ai changé d’idée. Je me suis dirigé vers l’administration publique et l’intelligence économique. J’ai eu une Maîtrise en administration publique et un Master en intelligence économique. On avait des cours de tout ce qui est économie des affaires mais à l’étranger. Je me souviens qu’on avait une partie sur le Japon qui m’avait beaucoup intéressée, surtout l’économie japonaise. J’ai décidé d’y aller et de voir comment ça se passait et surtout d’avoir une expérience professionnelle. Je suis parti de France en 2006 et pendant la première année, j’ai été chercheur à l’université de Nagoya. Durant cette année, j’avais des amis japonais qui commençaient à chercher du boulot. Je me suis dit tiens “je vais essayer”. Et puis j’ai trouvé, une boite de consultants japonais à Tokyo, qui m’a accueillit et c’est comme ça que j’ai commencé à travailler au Japon.

Travailler au Japon ça paraît très compliqué notamment à cause de la langue.

Oui. J’ai appris le japonais sur le tas. Je dis souvent à mes amis que j’ai eu mes premières interviews en disant “bien sûr, mais pas de problèmes”, “tout à fait”. Je ne parlais pas beaucoup le japonais à cette époque. La boite m’avait engagé parce qu’ils avaient des projets internationaux en vue et ils voulaient que quelqu’un s’en occupe, et j’étais l’une de ces personnes. Je suis entré chez eux et j’ai appris le japonais en travaillant avec eux. Les premières choses que j’ai faites c’étaient créer des documents. J’ai créé beaucoup de documents, ça a été l’enfer mais voilà.

Parler japonais ça parait plus compliqué que ça ne l’est mais par contre écrire en japonais ça parait encore plus compliqué

Oui c’est très compliqué parce qu’il y a beaucoup de caractères qu’ils utilisent pour écrire qui sont totalement différents de ce qu’on utilise. J’ai acheté un dictionnaire et je cherchais mes caractères à chaque fois que je ne comprenais pas. L’une des choses les plus importantes que j’ai faites à été de lire des mangas en japonais. Au Japon les mangas sont écrits de deux façons : une façon simplifiée et une façon normale. Donc, je pouvais lire la façon simplifiée et assimiler la façon simplifiée et la façon normale ensemble, ça m’a permis de développer mon vocabulaire et d’apprendre à parler.

Partie 2 – Interview de Noham guadeloupéen à Tokyo

Est-ce que, est-ce que c’est facile de s’intégrer au Japon ?

A l’heure d’aujourd’hui oui. Quand j’ai commencé, c’était très difficile si on ne parlait pas japonais et les étrangers étaient souvent mis dans des groupes à part. Donc ça a été très difficile au début. Mais ça n’existe presque plus. N’importe qui peut venir au Japon et s’intégrer sans problème même en ne parlant pas la langue.

Vous travaillez dans le luxe. Vous faites quoi  ?

J’ai deux choses. Je travaille pour une boite anglaise, Burberry. Et à côté aussi, j’ai une nouvelle petite boite de gestion de projets. La boite que j’ai conçue s’occupe de gérer tout ce qui est ouverture, fermeture, location de boites et magasins et tout ce qui est événement. Ici on appelle çà “pop-up.” Ce sont des magasins temporaires et ça tourne pas mal.

Elles s’ouvrent un petit moment et se referment tout de suite ?

Voilà. Par exemple,à la période de Noël, dans les grands magasins, il y a pas mal de boites qui prennent des emplacements pour ouvrir des boutiques. Et ils n’ouvrent que pendant certaines périodes et ensuite referment puis vont ailleurs.

Au Japon, il n’y pas que les boutiques qui sont éphémères, il y a aussi des bars ou des terrasses qui s’ouvrent aux beaux jours et qui se referment après ?

Tout à fait. Par exemple à Tokyo il y a un endroit qui s’appelle Omotesando. C’est super puisque moi j’aime bien l’été bien sûr, ils ouvrent des terrasses à l’air et ils proposent des bières, des boissons, de la confiture. Et ça ne dure que pendant l’été, donc tous les étés si vous venez là, vous me trouverez là-bas le soir !

C’est sympa la vie à Tokyo ? C’est très jeune comme ville ? Il y a des quartiers très dynamiques ?

Oui, c’est très dynamique. Je ne sais pas si on peut dire très jeune mais c’est très business. Les gens sont là pour faire du business et tant que c’est business, tout va bien. Je dirais même que c’est LA ville pour faire du business. Tous les gens de tous les pays viennent là et ça va super vite. Les entreprises ouvrent et ferment chaque mois. Ça bouge très vite.

Est-ce que vous êtes perçu comme Français ou Américain ? Comment est-ce que les Japonais comprennent les Antilles ?

Très bonne question ! Quand je suis arrivé, on me prenait pour un Américain parce que pour eux, le Français c’était le mec aux yeux bleus qui parle avec un accent etc…Donc ils ont cru que j’étais un Américain. J’ai dû expliquer à pas mal de japonais que je viens de la Guadeloupe et que c’est une partie de la France qui est près des États-Unis certes, mais parlant français et créole. Je l’explique à pas mal de monde jusqu’à présent d’ailleurs. Par contre, ces derniers temps, et c’est grâce à la Martinique surtout, la culture antillaise commence à être vraiment connue au Japon principalement dans les villes de Kyoto, Osaka et Tokyo. On a des jeunes entrepreneurs Martiniquais au Japon qui essayent vraiment de développer la culture.

Partie 3 – Interview de Noham guadeloupéen à Tokyo

On a une petite communauté antillaise au Japon mais elle existe et on est de plus en plus nombreux. On compte en majorité des martiniquais à Tokyo et je crois que je suis le seul guadeloupéen à Tokyo en fait. Donc on n’a pas mal d’antillais au Japon qui commencent à venir et qui essayent de s’intégrer.

Alors, qu’est-ce qui plaît ? La musique ? La gastronomie ?

Un peu de tout. La gastronomie d’abord parce que les Japonais sont très friands de nourriture. Il y a des restaurants à tous les coins de rue au Japon. Les Antilles commencent à être repérées. Mais il y a beaucoup de personnes au Japon qui commencent à voir la beauté de la culture, la langue puisque j’ai connu deux Japonais qui apprenaient le créole.

Quand on connaît les deux cultures de prime abord on se dit qu’on peut difficilement faire plus éloigné…

C’est vrai, ceci dit, il y a quand même un certain niveau où les choses sont compréhensibles en fait. Je dirai par exemple pour le mariage, on va parler au papa. Si le mari d’une fille se mariait en Guadeloupe, normalement il serait présenté aux parents. En général, il se présentera au papa avant. Au Japon aussi c’est exactement la même démarche. Et ça m’a beaucoup amusé parce que quand je me suis présenté aux parents de ma femme, ils m’ont rappelé la façon dont mon père a réagi quand ma sœur lui a présenté son futur mari. Les cultures sont tout à fait éloignées, on ne va pas dire le contraire. Par contre, on peut trouver beaucoup de similitudes notamment dans certains plats culinaires. Il y a beaucoup de cultures qui influencent aussi le Japon de plus en plus : la culture coréenne, chinoise, française, américaine. Et toutes ces cultures influencent de plus en plus les jeunes parce qu’ils y trouvent beaucoup de choses intéressantes. Les plus âgés par contre sont dans un caractère d’ acceptation de culture mais ils mettront toujours en avant leur propre culture japonaise.

Est-ce que vous prévoyez un retour prochain en Guadeloupe pour des vacances ?

Oui, j’essaie de rentrer une fois par année. Cette année je ne suis pas rentré, j’ai envoyé ma fille. En 2019 mon frère se marie donc c’est sûr que je rentrerai. Et puis en 2018 on verra, ça dépend des projets.

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