Retrouvez les interviews de membres Caribexpats tous les jours à 12h30 en partenariat avec la radio RCI dans l’émission “Les Antillais dans le Monde”. Aujourd’hui Marie-George martiniquaise à Mayotte vous parle de son aventure ! Elle travaille dans l’éducation.
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Partie 1 – Interview de Marie-George martiniquaise à Mayotte

Bonjour Marie-George, vous vivez à Mayotte depuis plusieurs années. Pourquoi Mayotte ?

Pourquoi Mayotte ? Parce que le père de ma fille est de l’Île Maurice et Mayotte se trouve aussi dans l’océan indien à côté. Je ne connaissais pas du tout Mayotte. C’est en discutant avec un collègue qui était d’origine des Comores et qui m’a parlé de Mayotte dans des termes assez élogieux. Je me suis dit pourquoi pas tenter l’aventure mahoraise ! Il m’a décrit Mayotte comme étant une île chaleureuse, agréable à vivre. Il m’a parlé aussi de certains côtés négatifs comme les nombreux cambriolages. J’ai pesé le pour et le contre. Il m’en a dit beaucoup de bien et ça m’a donné envie.

Vous arrivez sur place donc en 2011. Est-ce que ce qu’on vous avait dit ressemble à la réalité que vous découvrez ?

J’arrive à Mayotte le 2 août 2011 avec mes valises et ma fille qui avait 7 ans à l’époque. Je débarque de l’avion, j’avais imaginé Mayotte comme les Antilles. J’ai cette surprise de voir toutes ces personnes avec des vêtements très colorés, ils venaient accueillir leur famille et ils leur mettaient des colliers de fleurs autour du cou. Je me suis dit que c’est comme à Tahiti sauf qu’ils sont habillés avec des couleurs et des vêtements qui rappellent l’Afrique. Il y a aussi l’odeur du jasmin. A Mayotte c’est la manière d’accueillir les gens qui arrivent sur l’île et de dire bienvenue. Mayotte, c’est un petit bout d’Afrique sur une île et c’est ça sa particularité. Et aussi tout ce brassage de population parce que Mayotte reçoit énormément d’expatriés.

En tant qu’ Antillaise à Mayotte , vous vous installez comment ? Comment vous vous adaptez ?

Il y a d’abord la surprise puis la phase d’adaptation. Là je m’aperçois que je n’ai pas de famille ni d’amis parce que je ne connaissais personne à Mayotte, j’arrive avec ma fille. D’abord c’est l’euphorie à la découverte de l’île. On fait le tour, on découvre les plages, la faune, la flore. Après quand tout ça retombe, on s’aperçoit qu’on est assez seul et isolée et très compliqué surtout les 6 premiers mois. J’ai même eu envie de rentrer en France. Une fois que ces six premiers mois sont passés, j’ai commencé à apprendre à connaître des gens par les collègues qui ont commencé à m’emmener dans les mariages, les fêtes culturelles, et qui m’ont appris à connaître leur île. Mais les six premiers mois c’était compliqué car je suis arrivée à Mayotte pendant les grandes grèves de 2011. La population faisait des revendications très fortes sur la vie chère. Mayotte est un jeune département depuis mars 2011. Les magasins fermaient, impossible de faire des courses. Je pense que c’est pour ça que c’était difficile les premiers mois.

Vous avez parlé de vos collègues Mahorais mais j’entends aussi qu’il y a une forte communauté antillaise à Mayotte. Vous vous en êtes aussi rapprochée ?

Oui, j’ai une collègue à l’époque qui était de la Guadeloupe. Elle est arrivée en 2011 mais dans un autre contexte. Elle avait des amis, des collègues installés sur l’île, qui lui avaient donné l’envie de venir. Et c’est grâce à elle que j’ai pu rentrer en contact avec la communauté Antillaise à Mayotte. C’est à ce moment-là aussi où j’ai commencé à me sentir un peu chez moi à Mayotte.

Partie 2 – Interview de Marie-George martiniquaise à Mayotte

Mayotte est une terre musulmane. Comment çà se passe au niveau des différentes religions ?

Mayotte est une terre musulmane mais les gens ne vous imposent pas leur religion. Ils la vivent mais il n’y a pas de fortes revendications comme dans l’hexagone par exemple. Je suis chrétienne et ça ne les dérange pas. Ils sont musulmans et ça ne me dérange pas. Tout le monde vit sans que ça ne pose de gros problèmes.

Vous êtes arrivé à Mayotte avec votre fille de 7 ans. Vous aviez des préoccupations particulières du fait qu’elle passerait plusieurs années ici ?

Oui, ma fille est autiste. Elle a un handicap assez lourd et elle est reconnue à plus de 80% handicapé. Quand j’ai quitté l’hexagone, mes préoccupations étaient de trouver à Mayotte des structures qui pourraient l’accueillir sans poser de problèmes. Malheureusement à Mayotte il n’y avait pas d’école spécialisée. Elle a été mise dans une  classe d’accueil pour enfants qui n’ont pas un handicap aussi lourd que celui de ma fille. Mais petit à petit, je me rends compte qu’elle est mieux ici. A Mayotte, le handicap n’est pas dérangeant. La personne handicapée est reconnue comme étant une personne à part entière de la communauté. Elle est même choyée et je vois que ma fille évolue à Mayotte différemment qu’en France hexagonale. Là-bas elle aurait peut-être eut les apprentissages scolaires de manière plus approfondie. Mais par rapport à son bien être personnel, je pense qu’elle est mieux à Mayotte.

Aujourd’hui, vos perspectives sont de rester  à Mayotte ou aller ailleurs ?

L’année dernière j’ai eu envie de partir donc j’ai fait une demande de mutation pour un poste à Nouméa mais çà n’a pas abouti. Et puis petit à petit, je finis par me dire que je me sens bien à Mayotte. Je suis installée dans ma petite routine et j’ai de moins en moins envie de partir. Je ne dis pas que l’envie de reviendra pas mais pour l’instant, j’envisage de rester encore quelques années.

Comment expliquez-vous votre envie d’aller dans des pays que vous ne connaissez pas ?

C’est la découverte. J’ai toujours eu le goût du voyage. Même en France hexagonale il fallait que je parte quelques jours ne serait-ce que dans des pays d’Europe. J’en ai visité pas mal. Dans la région, je peux visiter les pays d’Afrique et d’Asie. A un moment j’ai eu envie de partir dans le Pacifique voir d’autres espaces, d’autres paysages, découvrir d’autres cultures et connaître d’autres personnes. C’est quelque chose qui est ancré en moi. Pour l’instant je suis bien à Mayotte parce qu’à chaque vacances scolaires je pars quelques jours en Afrique du Sud ou à Madagascar, peu importe mais il faut que je parte.

Et la Martinique ?

Je dirai que j’ai de moins en moins envie d’aller en Martinique. Cela fait deux ans depuis mon dernier voyage en Martinique. Je me suis demandé en fin d’année scolaire si je partais ou pas et puis je finalement je n’en avais pas envie. J’ai envie de découvrir d’autres endroits avant de retourner en Martinique.

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