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Retrouvez les interviews de membres Caribexpats tous les jours à 12h30 en partenariat avec la radio RCI dans l’émission “Les Antillais dans le Monde”.
Nous vous faisons voyager en Asie du côté de chez Ken, martiniquais à Singapour. Il travaille dans le milieu de l’esthétique et la mode.
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Partie 1 – Interview de Ken martiniquais à Singapour

Depuis combien de temps êtes-vous à Singapour ?

Cela fait un peu plus de 3 ans maintenant.

Cette ville paraît exotique quand on est en Martinique. Singapour c’est en Asie mais pas tout à fait ?

Singapour est assez mal connu mais c’est une petite péninsule au sud de la Malaisie. C’est vraiment un état avec des lois et un gouvernement. C’est particulier car la superficie est proche de celle de la Martinique mais il y a plus de 5 millions d’habitants ici.

Et vous êtes arrivés à Singapour il y a 3 ans. Pourquoi ?

Je suis un enfant du monde. Je voyage ici et là. J’ai été dans la Caraïbe, en Europe, en Chine et puis Singapour, maintenant. Singapour nous permet de manager tous les autres pays d’Asie et également l’Océanie. Et pour un amoureux des voyages comme je suis, Singapour c’est idéal en ce moment.

Et vous y faites quoi ?

Je suis maquilleur. Je représente une célèbre marque de cosmétiques de luxe et je suis chargée de former d’autres maquilleurs en Asie et en Océanie.

A Singapour il y a un niveau de vie quand même assez élevé. Vous travaillez dans les milieux de la mode et du luxe ?

Exactement ! Singapour, c’est vraiment très différent des autres pays d’Asie du Sud Est. Il y a beaucoup plus de modernité, les infrastructures sont beaucoup plus développées. Le coût de la vie est assez élevé mais heureusement on a la possibilité de trouver du travail qui nous permet de satisfaire tous les besoins. C’est vraiment une aventure humaine avant tout, parce qu’on peut rencontrer des gens du monde entier. Il y a aussi tous les autres peuples d’Asie, du Vietnam, Indonésie, des Philippines. Pour les amoureux du voyage et d’expériences inédites, Singapour devient vraiment “the place to be”. C’est une ville en perpétuel mouvement. Ici on met vraiment l’accent sur la sécurité, l’emploi. Si vous n’avez pas d’emploi, vous n’avez aucune raison de rester à Singapour et le gouvernement vous demande de partir au bout d’un mois. Ils sont particulièrement stricts au niveau des lois. Si on respecte les lois du pays, on est très bien accueilli. On peut passer de superbes vacances parce qu’on va découvrir des infrastructures exceptionnelles. C’est une ville jardin parce qu’il y a des jardins partout.

Vous l’aimez votre ville d’adoption ?

J’aime un peu partout. Je suis un voyageur. Je suis avant tout amoureux de mon pays. Pour créer de l’expérience dans notre pays, pour aider les jeunes à avancer et avoir une vision différente du monde,  c’est bien de s’installer quelques temps dans d’autres pays, apprendre de tout ce qu’ils ont à nous apprendre. Toutes les nouvelles infrastructures qui émergent maintenant sont faites avec des dernières modernités technologiques et médicales. Je pense que pour tous les jeunes qui ont envie d’avoir une autre vision du monde – s’ils cherchent à sortir un peu du lot et s’émanciper – Singapour peut leur permettre d’avoir une vision complètement différente de ce qu’ils connaissent déjà et de s’épanouir au niveau professionnel.

Partie 2 – Interview de Ken martiniquais à Singapour

Comment on exerce ce métier de maquilleur en Asie où les codes de la mode ne sont pas forcément les mêmes ?

Oui, les codes de la mode sont complètement différents. J’ai eu la chance de faire mes classes à Paris. J’ai étudié le maquillage une prestigieuse école et j’ai pu travailler pour une célèbre marque qui m’a permis de m’épanouir et montrer mon talent surtout en Europe. Après, vous m’aviez un peu plus connu quand j’ai travaillé en Martinique. J’étais ambassadeur de cette marque dans la Caraïbe. Quand on est maquilleur, ambassadeur de beauté, on se doit de connaître les cultures beautés. C’est pour ça que j’ai dû faire une petite étape en Chine pour apprendre le Mandarin. En maîtrisant cette nouvelle langue, cela m’a permis de découvrir d’autres populations, d’autres façons de voir la mode, d’apprécier la beauté, et Singapour est devenue comme une évidence.

Je ne sais pas s’il y a beaucoup d’ antillais à Singapour mais il se trouve que l’une des plus grandes discothèques au monde est à Singapour et s’appelle « le Zouk »

Oui effectivement. Les antillais à Singapour ne sont pas très nombreux, mais on a réussi quand même à trouver le temps de se retrouver. Il n’y a pas que des Martiniquais à Singapour, il y a aussi d’autres Caribéens de Sainte-Lucie, Jamaïque, Porto-Rico, Bahamas…C’est ce qui est bien dans cette nouvelle approche à Singapour, c’est qu’on n’est pas recentré sur nous-même en tant que Martiniquais mais on s’ouvre aux autres cultures de la Caraïbe. Le fait de se retrouver ne serait-ce qu’autour d’un bon petit son dancehall, reggae ou un petit zouk et l’alliance est déjà faite !

Je crois que vous venez d’être papa et que là c’est plutôt un mariage avec l’Asie ?

Oui, j’ai de la chance. Je suis papa d’un petit garçon. Ma femme est indonésienne. Je vis à Bali et je travaille à Singapour, c’est assez particulier mais en même temps ça rend la vie tellement excitante d’avoir sa femme son fils et découvrir le monde avec eux.

Vous êtes vraiment tombé amoureux de l’Asie même si vous dites que vous êtes un voyageur du monde ?

Oui, mais j’ai toujours été passionné par l’Asie. Vous savez il y a tellement de cultures différentes, de langues différentes qu’on pourrait passer toute une vie en Asie sans avoir tout appris. On n’a qu’une vie et si on peut l’enrichir de la plus belle des manières pourquoi s’arrêter devant notre porte ? Autant ouvrir celles des autres et voir tout ce qui se passe. Peut-être qu’on y sera plus heureux, peut-être moins heureux mais au moins on saura.

C’est en s’éloignant que parfois on se rend compte du bonheur qu’on avait ?

Exactement ! Même si l’Asie m’a adopté, je peux vous dire que mon cœur est toujours au Martinique. On a toujours un pincement au cœur de ne pas être présent pour les fêtes de Noël et les anniversaires. Malheureusement c’est quelque chose que devra affronter un jeune qui a décidé de partir à l’étranger. Il faut savoir faire des sacrifices mais il faut savoir pourquoi. Il faut qu’il se regarde dans le miroir et se dise : « je suis là mais c’est pour une bonne raison ». S’il n’y a pas de bonne raison autant construire sa vie autour des gens qu’on aime parce que la Martinique est magnifique. Il y a des problèmes comme partout mais au moins c’est une île qui nous a construit, qui nous a forgé dans notre personnalité, qui nous permet aujourd’hui d’avoir cette expérience. Si je suis bon dans mon métier, c’est parce que la Martinique a su me bercer avec de magnifiques couleurs, cultures, musiques, paysages. Aujourd’hui, je pense mettre tout cela à travers les coups de pinceaux qui enchantent les beautés asiatiques.

Partie 3 – Interview de Ken martiniquais à Singapour

Vous savez la vie est tellement belle. Il y a des soucis partout mais au moins quand on a du souffle dans le cœur, on peut montrer à nos parents et à tous ceux qui nous supportent depuis tout petit, qui ont investi dans notre éducation, qui nous ont payé des études, des infrastructures sportives etc…pour nous permettre de nous développer. Quand on les regarde on se doit d’être heureux. Et pour être heureux pour eux, pourchassons nos rêves. Je suis un chasseur de rêve c’est pour ça que je vis avec le sourire et tant que j’aurai des rêves dans ma vie et bien je pense que je rendrai ceux qui m’entoure encore plus heureux.

Lorsqu’on ne connaît pas ou peu l’Asie, on dit que c’est un continent mystérieux avec des habitudes et une culture qui sont presque à l’opposé de la nôtre.

Ce sont des préjugés. Il y a beaucoup de cultures qui sont très proches de la nôtre, non seulement au niveau de la gastronomie ; quand vous vous promenez en Asie du Sud Est, le goût, les couleurs et la gastronomie, sont très proches de la gastronomie antillaise épicée. Le Nord de l’Asie est complètement différent. Mais le Sud de l’Asie est une collection de petites îles ils ont la même culture que nous, la culture de la musique, de la beauté, du corps. Vivre au soleil permet au peuple d’être plus chaleureux.

Il y a une grande présence de la religion ?

La religion est présente partout. Les Asiatiques sont Hindouistes ou bouddhistes. Ils ont la religion au cœur d’eux-mêmes. C’est pour ça que je dis souvent aux Martiniquais de ne pas lâcher la religion. Quand on se sent perdu, la religion peut être l’éclair de lumière dans ce qui nous obstrue la vue. Les peuples d’Asie sont des peuples qui avancent car tous les jours c’est un combat. La religion leur permet d’avancer, de croire en eux. Il suffit de mettre les pieds à Singapour pour comprendre qu’ils ont déjà devancé beaucoup de mégalopoles occidentales et américaines.

Et le racisme ?

Le racisme existe partout. Après, ce qu’on vous demande en Asie c’est d’apporter une valeur ajoutée. N’importe quel patron qu’il vous aime ou pas, si vous rapportez du chiffre d’affaires, vous serez toujours le bienvenu. Après, il ne faut pas s’arrêter à la barrière du racisme, parce que c’est quelque chose qui est difficile. Je pense que personne ne naît raciste mais il arrive pendant notre vie qu’une population nous ait choqué. Il faut passer au-delà de ça. Si on s’arrête à la couleur on aura du mal à faire de beaux mélanges dans ce monde. Il faut juste croire que nous sommes des êtres humains et que chaque personne peut trouver sa place.

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