Retrouvez les interviews de Caribexpats tous les jours à 12h30 en partenariat avec la radio RCI dans l’émission “Les Antillais dans le Monde”. Aujourd’hui, l’interview de Daniel antillais à Johannesburg !
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Partie 1 – Interview de Daniel antillais à Johannesburg

Bonjour Daniel, vous êtes installé à Johannesburg en Afrique du Sud depuis combien de temps ?

Cela fait presque deux ans. Je suis partie de Martinique au milieu des années 1990 pour finir mes études. De là, j’ai commencé à travailler à Paris et puis j’ai eu la chance de partir rapidement en expatriation. J’ai passé 5 ans à Moscou avec toute ma famille, j’ai un fils qui est né là-bas d’ailleurs. Après, on est partir pour l’Asie. On a passé presque 5 ans aussi à Kuala Lumpur en Malaisie et puis nous voici depuis 2 ans à Johannesburg.

Dans quel domaine travaillez-vous ?

Je travaille pour une grande entreprise américaine. J’ai commencé chez eux assez rapidement et j’ai évolué progressivement.

Lorsqu’on débute sa vie professionnelle, on a pas forcément l’idée de parcourir le monde au départ. Est-ce que pour vous c’était vraiment un rêve ?

Je suis curieux et c’est vrai que j’avais envie de partir à l’étranger. J’ai eu la chance d’attendre un peu moins d’une année avant que l’entreprise me donne cette opportunité.

Et toujours avec la même entreprise, çà aussi ce n’est pas banal ?

C’était toujours avec la même parce que j’ai souvent eu envie de changer mais je crois que j’ai changé en restant dans la même entreprise. J’ai travaillé dans quatre pays différents à des postes extrêmement variables. J’ai eu le sentiment de changer car j’ai beaucoup bougé géographiquement mais je suis resté dans la même structure.

Est-ce qu’il est facile de convaincre toute la famille de déménager à chaque fois ?

Une expatriation réussie c’est avant tout une décision familiale. C’est une aventure avant d’être un business, et si on n’a pas envie, je pense que ça ne se passe pas très bien. J’ai quelques connaissances pour qui ça ne c’était pas bien passé parce qu’ils n’étaient pas partis pour les bonnes raisons. Je pense que c’est avant tout une aventure humaine et culturelle.

Et la bonne raison précisément c’est la curiosité de découvrir l’autre ?

Oui, et c’est ce que je dis souvent. Je pense que je partage ça avec ma femme et mes enfants aujourd’hui. C’est le fait de se réveiller le matin en étant certains qu’il va nous arriver quelque chose qui ne nous est jamais arrivé avant.

Aujourd’hui vous êtes en Afrique du Sud, vous avez dit que vous êtes passé par Moscou et Kuala Lumpur. A Moscou, on imagine encore moins la vie quotidienne ça parait très loin.

C’est très loin et c’est très différent mais on a passé cinq ans, c’était de très belles années. La Russie est un pays passionnant mais pas toujours simple, un peu comme la langue russe. On a la chance aujourd’hui de tous parler russe, mon fils de 8 ans a un peu perdu. Mais oui, je pense que la Russie ressemble un peu à sa langue, c’est passionnant mais difficile.

Quand vous êtes parti de Russie c’était aussi avec l’envie de découvrir une partie de l’Asie. Kuala Lumpur bouge énormément et il y a pas mal d’expatriés, c’est passionnant ?

Oui la Malaisie est un pays qui par définition est multiculturel. Ce qui est vraiment génial c’est cette espèce d’envie de vivre ensemble, et de connaissance qu’ils ont mutuellement de leurs racines malaises, chinoises et indiennes, dans un respect qui est plutôt bluffant. Ce n’est pas toujours parfait mais c’est assez bluffant.

Partie 2 – Interview de Daniel antillais à Johannesburg

Vous nous expliquiez comment vous avez pu au sein de votre entreprise Otis, vous déplacer en Russie, en Malaisie et maintenant en Afrique du Sud. Qu’est-ce que c’est la vie quotidienne à Johannesburg ?

La vie quotidienne à Johannesburg c’est avant tout se défaire de l’image mythique qu’on peut en avoir. C’est vrai qu’aujourd’hui Johannesburg c’est une ville passionnante et il y a quand même un élément qui est constamment présent c’est l’aspect sécurité. Je pense qu’on peut quand même avoir une vie normale à Johannesburg et profiter de la richesse culturelle du pays, de sa diversité et parfois des tensions parce que c’est quand même un pays où les composantes de la société sont encore en train de s’expliquer.

On peut vivre en famille normalement à Johannesburg sans trop d’insécurité ?

On fait attention. A Johannesburg quand on se déplace, la première règle c’est de se renseigner, de planifier, et de savoir ou garer sa voiture mais ça n’empêche pas de découvrir les endroits magnifiques, des restaurants improbables dans les quartiers où on a l’impression qu’on va se faire attaquer, alors qu’en fait le quartier est très sympathique, il y a plein de perles intéressantes tant au niveau des restaurants, des bars, vraiment Johannesburg est une ville extrêmement mouvante, surprenante.

Quand vous avez dit oui pour vous installer à Johannesburg c’était encore une fois la curiosité de rencontres humaines. Est ce que c’est plus fort qu’ailleurs ?

Oui celle-ci était un peu particulière parce que pour tout dire avant d’accepter le job je n’avais jamais mis les pieds dans aucun pays africains alors que j’avais quand même déjà beaucoup voyagé pour le travail et aussi ma vie personnelle. Mais c’est vrai que Johannesburg a cette histoire lourde, et en même temps c’est un vrai miracle social. Je veux dire, combien de fois on s’est dit que cette société a implosée et aujourd’hui malgré les tensions, il y a ce désir de vivre ensemble et de construire quelques chose ensemble.

Vivre ça en famille et le faire vivre à ses enfants, on imagine que c’est une vie extraordinaire.

Oui je pense qu’aujourd’hui ils sont assez grands pour s’en rendre compte. Pendant un instant ils ont un peu imaginé que tous les enfants de leurs âges avaient un peu cette vie là et cette possibilité de voyager parce que même pendant les vacances, on garde cette tournure d’esprit, on voyage beaucoup et en même temps c’est une grande chance pour eux en terme d’ouverture culturelle et de découverte des autres. Ils parlent plusieurs langues alors qu’ils sont plutôt jeunes, 12 ans et 8 ans.

Alors vous rentrez en Martinique régulièrement ?

Oui cet été on est rentré pour trois semaines au Vauclin, c’est une histoire particulière que j’ai avec le Vauclin car j’ai passé une enfance très sympathique sur la plage de la Pointe Faula pendant les vacances, et je garde un rapport au Vauclin qui est immuable.

Même quand on a vu autant de pays que vous ?

Oui c’est nécessaire. Il y a toujours cette période quand on revient en vacances en Martinique on a vu la famille, les amis, et forcément on se demande si on a fait le bon choix il y a 20 ans mais vite on est repris par la vie de tous les jours et puis par une aventure familiale qu’on a aujourd’hui et je crois qu’on aime beaucoup l’idée de se dire que peut être que dans cinq ans on sera ailleurs et ça c’est plutôt passionnant.

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