constance antillaise au vanuatu

Retrouvez les interviews de Caribexpats tous les jours à 12h30 en partenariat avec la radio RCI dans l’émission “Les Antillais dans le Monde”. Aujourd’hui, l’interview de Constance antillaise au Vanuatu !
Pour passer à l’émission contactez-nous : team [at] caribexpat.com (remplacer [at] par @)

Constance antillaise au Vanuatu caribexpat profil

Partie 1 – Interview de Constance antillaise au Vanuatu

Bonjour Constance, on vous appelle au Vanuatu, il y  a 15 heures de décalage horaire avec la Martinique. C’est ou exactement ?

Le Vanuatu c’est une petite île du Pacifique située entre l’Australie et Fidji à deux heures d’avion de la Nouvelle Calédonie.  C’est un archipel de 83 Îles. Je vis à la capitale, Port-Vila, qui est sur l’île principale et qui s’appelle Éfaté. C’est ici qu’il y a à peu près tous les business, toute la vie.

Y a-t-il beaucoup d’habitants ?

Dans tout l’archipel des 83 îles réunies, il y a moins d’habitant qu’en Martinique ! Ils sont moins de 300 000, la principale île est quand même la plus peuplée, mais ça reste une population qui est très faible.

Racontez-nous comment vous êtes arrivée sur cet archipel du bout du monde

C’est assez original, j’ai terminé mon Master à Paris puis j’ai fait une alternance, au sein de la BRED. Après je n’avais qu’une envie c’était de partir à l’étranger pour avoir une expérience internationale et j’en ai parlé avec mes responsables à la banque à Paris qui m’ont proposé un poste au Vanuatu en Marketing en tant que V.I.E (Volontariat International en Entreprise). Je ne connaissais pas le Vanuatu, je n’en avais jamais entendu parler et puis je me suis lancée. Je me suis dit: “pourquoi pas, c’est le moment ou jamais”. C’est comme ça que je suis arrivée ici.

La langue est-elle le Français ?

C’est 50% anglais, 40% Français et il y a la langue locale qui est un peu notre créole à nous qui s’appelle le Bichelamar.

Donc vous vous dites “je pars au Vanuatu” et vous embarquez dans l’avion ?

Oui j’ai eu 45 heures d’avion au départ de Paris. Cela m’a fait presque 3 jours de voyages, avec plusieurs escales, c’était très fatigant mais honnêtement on ne le sent pas passer.

Vos proches vous disent: « mais qu’est ce qui t’ arrives ? Tu nous en veux pour partir aussi loin ?”

Non, mes parents sont habitués à ce que je parte parce que j’ai beaucoup voyagé avant. C’est plus mon grand-père qui m’a beaucoup fait rire parce que pour lui c’était inconcevable qu’on puisse habiter dans l’hémisphère Sud, sinon ma mère a été super surprise de mon idée et au contraire elle m’a poussée et elle m’a dit: “tu es jeune, c’est maintenant ou jamais”.

Ça fait combien de temps que vous êtes là ?

Ça fait un an et demi. J’ai décidé de partir avec le travail. Cela a mis quatre mois pour tout régler au niveau visa et contrat. Ensuite je suis partie avec deux valises. Il me reste encore 7 mois à faire pour terminer mon contrat.

Est-ce que vous avez voyagé depuis ou vous êtes resté au Vanuatu ?

Je pense qu’il faut voyager quand même car ça reste une petite Île. J’ai eu l’opportunité de voyager dans le Pacifique. J’ai fait Fidji, la Nouvelle Calédonie aussi où j’ai beaucoup d’amis antillais là-bas, j’ai été en Australie, et là je m’envole demain pour la Nouvelle Zélande. Comme on est vraiment au centre du Pacifique, ça nous permet de voyager dans ces pays là, c’est vraiment superbe!

Partie 2 – Interview de Constance antillaise au Vanuatu

Comment se passe la vie sur cette archipel  de 83 îles ?

C’est plutôt simple. Le Vanuatu n’est pas comme les Caraïbes ça ne bouge pas autant c’est moins coloré au niveau chants et danses, la culture est un peu plus posée. Je vis dans une très grande maison à la capitale Port-Vila que je partage avec deux expatriées, une de Lituanie, et une autre de France. On s’occupe vraiment avec des sorties, des voyages dans les îles qui sont très différentes. Il n’y a pas énormément de choses à faire, de bars, de boîtes etc…mais beaucoup de plages, de découvertes. C’est vraiment une vie beaucoup plus simple que celle que j’avais à Paris mais au final on fait beaucoup plus de choses au niveau sportif au niveau activités en dehors de la ville.

Quand on regarde les photos du Vanuatu c’est vraiment époustouflant de beauté !

C’est très joli, il faut bouger sur les différentes îles, chacune a une particularité. Il y a des îles avec des volcans qui sont encore en éruption, des îles ou il y a des trous bleus, des rivières, tout est vraiment différent. Je ne dirais pas que c’est plus joli que le Caraïbe, c’est différent. Ce sont des paysages que je n’ai jamais vus avant, et des fonds marins merveilleux. C’est idyllique pour faire de la plongée sous-marine. La nature est très peu touchée par l’homme, puisque c’est un pays qui est encore très sauvage, c’est ce qui est très beau. On a vraiment une forêt dense, c’est très joli.

C’est le tourisme qui fait vivre le Vanuatu ?

C’est principalement le tourisme mais ils vivent aussi de beaucoup d’injections financières de la Chine qui est en train de racheter beaucoup de terres. Ils vivent principalement sur les aides des pays voisins et du tourisme. Le tourisme est développé, il y a beaucoup de croisières qui viennent de l’Australie ou de la Nouvelle Zélande, ça fait un peu vivre le pays, les hôtels…mais sinon c’est un pays qui n’est pas encore à 100 % indépendant financièrement.

La pêche, est-elle importante ?

Pas du tout, c’est très étonnant d’ailleurs mais il y a beaucoup plus d’élevage de bovins que de pêche. Ils ne sont pas encore très développés au niveau de la pêche, ce n’est que maintenant qu’il commence à développer la pêche et à en vivre un petit peu.

Donc vous travaillez dans une banque. Y-a-t-il plusieurs banques françaises là-bas ?

Non, c’est la seule banque française du Vanuatu et ça fait dix ans que la filiale est installée ici. Cela marche plutôt bien, je travaille là-bas dans le domaine du marketing depuis un an.

Partie 3 – Interview de Constance antillaise au Vanuatu

Pourquoi est-ce qu’on parle anglais au Vanuatu ?

Vanuatu a été une colonie française et anglaise. Les familles britanniques et françaises se sont installées, donc le pays s’est développé avec ces deux cultures. Il y a en même temps la culture locale avec leur propre langue, le Bichelamar, qui est un petit peu différent au sein des différentes îles du Vanuatu. C’est d’ailleurs très rigolo, donc c’est pour ça qu’on parle deux langues.

Et vous commencez à parler un peu le Bichelamar ?

Je le comprends parce qu’on a notre staff parfois qui ne parle que le Bichelamar. C’est un mélange d’Anglais, Français et d’Espagnol. Par contre je ne le parle pas encore couramment mais ce n’est pas difficile à comprendre.

Le fait d’être d’origine martiniquaise, est ce que ça vous a aidé à vivre dans un archipel ? Est-ce que vous avez retrouvé des similitudes avec vos racines ?

Pas du tout. On peut croire que dans une Île tropicale comme ça tout est semblable, mais pas du tout. Je m’attendais à retrouver les couleurs et la chaleur de la Martinique au Vanuatu mais la culture est totalement différente. Même au niveau des fruits et légumes, on a des choses totalement différente dans le Pacifique, les bananes plantains sont différentes, tout est différent. La seule chose similaire c’est que le Vanuatu n’a pas vraiment une culture musicale et du coup c’est très rigolo puisqu’on retrouve les mêmes groupes, de Martinique de zouk et de dancehall dans les rues au Vanuatu, dans les petits bars on danse le zouk. Mais sinon ce n’est pas du tout similaire c’est une culture qui est très patriarcale donc c’est totalement différent de ce qu’on peut connaître. C’est un pays qui n’est pas tout à fait développé. Ils ont une boisson locale qu’ils appellent le Kava qui est une boisson à base de racines qui donne un peu un effet relaxant. Ce n’est pas très bon à boire mais par contre l’expérience du Kava n’est pas mal. On se met tous sur une nappe à même le sol et là on parle. C’est une discussion avec les locaux qui est en générale assez profonde et ce sont des rares moments comme ça intime qu’on partage avec eux autour de cette boisson le Kava.

Votre mission dure encore sept mois, vous êtes déjà depuis un an et demi au Vanuatu, avez-vous une idée de ce que vous allez faire après ?

Ça c’est vraiment la question à un milliard d’euros. Je n’en ai vraiment aucune idée. Je pense que j’ai envie de rester en Asie ou dans le Pacifique pour continuer à explorer un petit peu cette région du monde qui est pour moi vraiment superbe et vraiment riche en culture, mais après je ne sais pas, j’ai encore un petit peu de temps pour me décider donc à voir pour l’instant c’est le flou total.

Mais l’expérience de l’expatriation est en tout cas positive pour vous et vous n’êtes pas encore prête à rentrer au pays ?

Alors ça non, pas du tout. J’ai encore envie de voyager, j’ai encore envie de travailler et vivre dans des pays que je ne connais pas. Quand on voyage, on s’ouvre beaucoup aux autres, on devient tolérant, patient et on arrive à capter des petits moments de bonheur avec chaque personne qu’on rencontre et c’est incroyable. C’est quelque chose qu’on arrive pas à capter de la même façon pendant des années passées à Paris. Le fait de découvrir des choses nouvelles permet de réfléchir sur sa propre histoire.

0 Commentaires

Écrire un commentaire

Connectez-vous avec vos identifiants

ou    

Vous avez oublié vos informations ?

Create Account