Tous les jours les membres Caribexpats sont interviewés dans “Les Antillais dans le Monde” en partenariat avec la radio RCI. Arold, antillais à Amsterdam s’est installé ici depuis 2006. Il travaille dans le design d’intérieur et a construit sa vie à Amsterdam où il vit avec sa famille.
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Réécouter l’ interview d’ Arold antillais à Amsterdam

Partie 1 – Interview d’Arold antillais à Amsterdam

Vous êtes antillais à Amsterdam où vous vivez maintenant depuis 12 ans. Pourquoi le choix des Pays-Bas ?

C’était sur un coup de tête. Ma compagne qui est Allemande venait apprendre le Français en France, j’étais encore étudiant en région parisienne. On s’est rencontré sur le lieu de travail et lorsqu’on a commencé à être ensemble sérieusement, elle voulait rentrer chez elle. Je ne voulais pas aller vivre en Allemagne. On a décidé de trouver un point neutre entre les deux, et on a vu les Pays-Bas qui se situent exactement entre la France et l’Allemagne. On s’est dit, pourquoi ne pas opter pour les Pays-Bas. En plus, il y avait beaucoup d’emploi pour les francophones et pour d’autres nationalités. Il y a 180 nationalités selon mes informations, dans ce petit pays. Voilà 12 ans qu’on y est maintenant.

Comment s’est passé l’intégration aux Pays-Bas ?

Tout se passe bien. Il y a toujours des hauts et des bas dans chaque pays. En France on a nos soucis, aux Pays-Bas ils ont leurs soucis aussi, différents types de problèmes. Il y en a toujours parce qu’en terme d’intégration c’est toujours difficile pour quelqu’un de l’étranger d’intégrer une autre culture. Ce ne sont pas les mêmes manières de faire et d’agir, et d’autant plus ce n’est pas la même langue. Ça rend les choses un peu difficiles au début, mais petit à petit, l’intégration s’est faite lentement et progressivement. Les Néerlandais sont aussi assez tolérants et ouverts. Ce qui a rendu les choses beaucoup plus faciles c’est le fait que je parlais déjà l’Anglais parce que j’ai dû travailler avec différentes sociétés. Etant sur place, je me suis mis lentement au Néerlandais, ce qui m’a permis de rentrer un peu plus dans la communauté néerlandaise.

Comment s’est passé l’apprentissage du Néerlandais ?

Même si çà fait environ 12 ans qu’on est là, on apprend tous les jours. Ce n’est pas ma langue maternelle, on apprend un petit peu toute sa vie. En France, on a des régions dans le sud et le nord où ils parlent différentes langues régionales. C’est un peu la même chose ici. Au nord le Néerlandais est un peu différent de celui de Maastricht qui est plus dans le sud. C’est toujours plus difficile lorsqu’on est dans ce type de pays. Mais en général lorsqu’on rentre progressivement et qu’on est ouvert aux habitants ça va beaucoup plus facilement parce qu’ils ouvrent leurs portes. Après, vous avez différentes façons de faire. Moi, j’ai appris avec les personnes âgées. Une personne âgée qui vit seule accueille un étranger pour pouvoir discuter. Ça se fait une heure par jour ou par semaine en fonction des disponibilités. Il faut habituer d’abord l’oreille à la langue parce que, comme vous l’avez dit, c’est une langue qui est comme du Chinois, pour nous les Français au début. Puis lorsque l’oreille est habituée, ça se fait progressivement.

Partie 2 – Interview d’ Arold antillais à Amsterdam

12 ans après votre arrivée au Pays-Bas, vous avez suffisamment de vocabulaire pour tenir une conversation en Néerlandais ?

Oui, ça va. On va dire que je me fais bien comprendre. J’ai toujours mes petites fautes de Français et mon accent. Au début, j’étais un peu gêné par l’accent, mais les habitants eux même disent que c’est ce qui rend les choses plus exotiques et plus conviviales. Accepter quelqu’un avec ses fautes et son accent rend les choses un peu plus agréables. Et petit à petit, on voit que ça se passe bien.

Au niveau professionnel, c’était un tremplin d’arriver à Amsterdam ?

C’était un grand tremplin. Je ne veux pas dire une calotte au visage mais ça s’apparente un peu à ça. En Belgique çà aurait été plus doux parce qu’il y a le côté francophone et néerlandophone, mais le fait que ça soit un pays complètement différent au début c’est un peu le choc. On s’habitue très rapidement à ce changement. Lorsque j’ai dû chercher du travail, les entretiens se passent en Anglais, mais en général, ils demandent beaucoup aux employés d’utiliser leurs langues maternelles. En l’occurrence c’était le Français pour moi. Lorsque je travaillais, j’avais très souvent des clients et des grands comptes français ou francophones. Donc, j’avais la chance d’utiliser ma propre langue mais tout étant basé à l’étranger.

Est-ce que les méthodes de travail sont différentes ?

C’est très différent. J’apprécie surtout le coté pas trop hiérarchique. En France, on est très hiérarchie : le Big Boss, le PDG déjeunent rarement avec un employé. Ici, vous pouvez être assis à côté du vice-président et discuter de match de foot. C’est un des points sur lesquels on doit faire un peu plus d’efforts en France : rapprocher la haute hiérarchie aux employés de base. Cela rendrait la résolution de certains problèmes beaucoup plus rapide. Avoir le vice-président à côté de soi permet de dire que telle chose ne marche pas, que vous avez changé les méthodes, demander s’il y a moyen de faire quelque chose. Il faut avoir la manière de dire les choses et arriver avec quelque chose de constructif. Ça rendait le travail beaucoup plus confortable.

On va faire une petite pause dans votre parcours. On va parler football. La coupe du monde vient de se dérouler, de quelle couleur était votre maillot de supporter ?

Madame est Allemande, mes petits sont Néerlandais, et je suis Français. Alors c’était la bataille entre la France et l’Allemagne. C’était vite réglé parce que les Néerlandais n’y étaient pas, les Allemands sont sortis très tôt, et avec les Français, tout le monde était en bleu à la maison !

Vos enfants ont une culture quadruple, française, créole, allemande et néerlandaise. Comment ça se passe pour eux ?

On a vu beaucoup de spécialistes. L’ apprentissage pour des enfants trilingues ou quadrilingues prend plus de temps parce qu’ils ont plus d’informations à assimiler. Si vous parlez à mon fils vous allez entendre son petit accent. Il vit au Pays-Bas, il va à l’ école néerlandaise. On a décidé de les laisser aussi à l’école publique. Ce serait les désavantager de les mettre dans les écoles privées parce qu’on vit dans le pays. Pour s’intégrer plus rapidement, il faut s’intégrer à la population. Et c’est pour ça qu’on a décidé de ne pas bloquer l’apprentissage des petits en les mettant dans des écoles privées mais directement à l’ école publique. Les premières années, le fait d’apprendre différentes langues était difficile pour eux. Mais petit à petit ils savent différencier qui parlent Français, Allemand, Néerlandais. Même mon petit garçon commence à parler  l’Anglais maintenant, pas poussé mais il commence un peu parce que ça l’aide d’entendre ces différentes langues.

Est-ce  papa rouspète en Créole parfois ?

Oui mais j’essaie de limiter cela parce que je n’ai pas envie qu’ils assimilent le créole a une mauvaise langue. Notre langue est belle. C’est une langue régionale pour laquelle on doit emmener un peu d’atouts pas de choses négatives. Je rouspète un peu en Français aussi car le créole et le français sont mes deux langues maternelles. Je rouspète dans les deux pour ne pas désavantager l’une ou l’autre.

Pour vos enfants et leur métissage, cela a dû être fantastique de venir pour la première fois en Guadeloupe puisque eux sont nés aux Pays-Bas ?

C’était agréable, j’étais fier de leur montrer mon île. La petite avait deux ans, elle ne s’en souvient pas trop, mais mon petit garçon a aimé. Il demande tout le temps d’y retourner. J’ai vécu quand même 17 ans en Guadeloupe et après quelques années en métropole. Ce qui est drôle c’est que je suis né en Métropole mais je suis retourné vivre en Guadeloupe avec mes parents qui y sont rentrés, ce qui fait que j’ai connu un peu les deux et j’allais souvent en métropole. Ils n’ont pas Guadeloupe France mais Guadeloupe Pays-Bas.  Pour eux c’est la même chose mais juste avec un autre pays, une autre langue. Ce qui est bien à connaître pour eux, c’est le côté exotique, très ouvert, très social. C’est ce qui fait la différence.

Est-ce que La Guadeloupe vous manque ?

Tout le temps ! Mais maintenant grâce à internet on a La Guadeloupe sur l’ordinateur. Je me connecte à Skype ou What’s App. On crée des groupes on fait des blagues. Avec l’Internet, beaucoup de choses qui n’étaient pas possible avant sont possibles maintenant. Cela me manque physiquement mais lorsque je veux voir ou entendre la Guadeloupe je les appelle par skype et ça comble un peu le manque pas mais pas complètement.

Partie 3 – Interview d’ Arold antillais à Amsterdam

Le climat est une problématique importante. Comment vous le vivez au quotidien ?  

Jusqu’à maintenant c’est un problème pour moi. Mais j’étais en formation un jour, et le formateur nous a dit quelque chose qui m’est toujours resté en tête : “Pour vivre dans certains pays, il faut savoir amener son propre temps avec soi, c’est-à-dire son propre climat”. Je viens d’un  pays du soleil alors si je veux vraiment me sentir bien il ne faut pas regarder dehors. Il faut s’évader un peu. Regarder des vidéos, parler à des gens qui sont dans le climat, appeler ses parents, qui emmènent de l’énergie positive. J’ai une tante qui m’appelle souvent en skype, je la vois en vidéo et elle me montre son jardin. Le fait de voir le soleil, çà me change, ça me donne le sourire. C’est çà qui fait qu’on oublie le temps. C’est quelque chose de difficile parce qu’il pleut vraiment de façon constante, une pluie très fine qui ne s’arrête jamais.

Comme tous les Néerlandais ast-ce que vous adopté cette passion du vélo ?

Ah oui ! A la maison on a plus qu’un vélo et un vélo pour tout. Un pour aller à la gare, un pour aller au boulot,  il y a un vélo pour les enfants, pour faire une ballade. A Amsterdam surtout, le vélo est ancré dans la culture. Vous verrez des gens qui vont de  chez eux jusqu’à la station de métro avec leurs vélos. Ils prennent le train, arrivent dans le centre de la ville, prennent un autre vélo qu’ils avaient acheté. Ils ont deux vélos, un  vélo dans le quartier, un vélo pour le travail. Alors le vélo c’est constant ici !

L’un des avantages pour un antillais à Amsterdam, c’est que l’aéroport permet d’avoir des connexions vers plein de destinations. Est-ce que vous voyagez beaucoup ?

Ah oui. Par contre il ne faut pas le dire à mes parents. Ils me disent tout le temps : “tu voyages beaucoup mais tu ne viens jamais en Guadeloupe”. Je viens en Guadeloupe mais on a la possibilité d’aller dans plein d’autres pays. Les Pays-Bas c’est comme une plateforme. C’est le milieu de l’Europe. Alors voyager on va dans différents pays, surtout dans le sud de l’Europe : Grèce, Croatie, Espagne, Italie, Turquie aussi. On essaie de montrer différentes cultures aux enfants et de voir des choses  différentes sans oublier là d’où l’on vient. On va souvent en France parce que ma sœur habite en région parisienne. On va souvent aussi visiter la belle famille à Berlin ce qui nous amène à voyager beaucoup personnellement et professionnellement.

Dans cette liste, il y a quand même beaucoup de pays où il y a beaucoup de soleil.

Oui parce qu’ il pleut beaucoup ici. Il faut donc plutôt miser sur le soleil et surtout moi parce que j’ai besoin de plus de soleil que les autres. Surtout pendant les vacances d’été, parfois on s’attend à beaucoup de soleil ici mais il n’ y en a pas autant.  Alors Il faut bien aller le chercher !

Partie 4 – Interview d’Arold antillais à Amsterdam

Avez-vous pu entrer en contact avec les Antillais à Amsterdam ? Est-ce qu’il y a beaucoup d’Antillais aux Pays-Bas ?

Il n’y en a pas beaucoup mais on est en contact. On a une petite communauté. On se voit de temps en temps. On fait des dîners, des petits  comme on dit, des petites soirées. On se remémore le bon vieux temps au pays. Je ne sais pas si vous savez mais Kassav vient souvent ici, Kassav est très connus au Pays-Bas surtout avec les antillais, aux Pays-Bas ils adorent Kassav. Lorsque je dis Guadeloupe ou Martinique. Ils disent Kassav et ça fait plaisir de voir que Kassav a pu exporter notre culture aussi loin et emmener une joie au cœur à autant de personnes ! Kassav était là il y a trois semaines. Je suis allée les voir avec Tony Chasseur, Perle Lama…j’ai même eut le privilège d’avoir des photos avec eux. J’étais vraiment content ça amène une certaine joie de voir que notre culture voyage aussi loin. D’autres artistes font voyager notre culture mais Kassav fait vraiment la différence !

Est-ce que vous arrivez à trouver les produits antillais à Amsterdam pour vos enfants. Est-ce qu’il est possible de cuisiner Antillais à Amsterdam ?

Oui, c’est possible mais il faut savoir où aller. Lorsque je venais d’arriver, j’étais un an sans racines, sans bananes jaunes. Cela m’a tellement manqué que j’ai dû chercher. Il y a des marchés parce qu’il y a une communauté d’ antillais à Amsterdam originaires de Curaçao, St Martin et le Suriname aussi. C’étaient d’anciennes colonies néerlandaises. Surtout le Suriname puisque Curaçao et St Martin font partie du pays, comme la Guadeloupe et la Martinique font partie de la France d’ailleurs. Ils exportent aussi leurs produits depuis ces pays et on les trouve : fruits à pains, bananes jaunes, les épices  etc… Les noms sont différents mais il faut connaître. Cela m’a permis de faire connaissance avec des Antillais des Pays-Bas. Je suis Antillais de la France et eux antillais des Pays-Bas. On a sympathisé et je vois un peu les similarités et les différences. Mais on peut trouver ces produits. Quand ça manque vraiment j’appelle une de mes tantes qui vient avec tout !

Vous avez fait votre vie d’ antillais à Amsterdam. Aucun projet de retour ni à Paris ni en Guadeloupe ?

Avec le climat actuel et la possibilité de voyager, je mets un grand point d’interrogation. J’aime bien voyager et de par mon travail je suis amené à voyager, faire du design d’intérieur pour des gens qui sont basés dans d’autres pays : Belgique en France. Je me dis que c’est bien d’être basé dans notre pays. Mais parfois l’activité professionnelle aussi permet et voyager. Pour le moment, je mise beaucoup sur le voyage mais le voyage plus professionnel maintenant.

Partie 4 – Interview d’Arold antillais à Amsterdam

Avez-vous pu entrer en contact avec les Antillais à Amsterdam ? Est-ce qu’il y a beaucoup d’Antillais aux Pays-Bas ?

Il n’y en a pas beaucoup mais on est en contact. On a une petite communauté. On se voit de temps en temps. On fait des dîners, des petits  comme on dit, des petites soirées. On se remémore le bon vieux temps au pays. Je ne sais pas si vous savez mais Kassav vient souvent ici, Kassav est très connus au Pays-Bas surtout avec les antillais, aux Pays-Bas ils adorent Kassav. Lorsque je dis Guadeloupe ou Martinique. Ils disent Kassav et ça fait plaisir de voir que Kassav a pu exporter notre culture aussi loin et emmener une joie au cœur à autant de personnes ! Kassav était là il y a trois semaines. Je suis allée les voir avec Tony Chasseur, Perle Lama…j’ai même eut le privilège d’avoir des photos avec eux. J’étais vraiment content ça amène une certaine joie de voir que notre culture voyage aussi loin. D’autres artistes font voyager notre culture mais Kassav fait vraiment la différence !

Est-ce que vous arrivez à trouver les produits antillais à Amsterdam pour vos enfants. Est-ce qu’il est possible de cuisiner Antillais à Amsterdam ?

Oui, c’est possible mais il faut savoir où aller. Lorsque je venais d’arriver, j’étais un an sans racines, sans bananes jaunes. Cela m’a tellement manqué que j’ai dû chercher. Il y a des marchés parce qu’il y a une communauté d’ antillais à Amsterdam originaires de Curaçao, St Martin et le Suriname aussi. C’étaient d’anciennes colonies néerlandaises. Surtout le Suriname puisque Curaçao et St Martin font partie du pays, comme la Guadeloupe et la Martinique font partie de la France d’ailleurs. Ils exportent aussi leurs produits depuis ces pays et on les trouve : fruits à pains, bananes jaunes, les épices  etc… Les noms sont différents mais il faut connaître. Cela m’a permis de faire connaissance avec des Antillais des Pays-Bas. Je suis Antillais de la France et eux antillais des Pays-Bas. On a sympathisé et je vois un peu les similarités et les différences. Mais on peut trouver ces produits. Quand ça manque vraiment j’appelle une de mes tantes qui vient avec tout !

Vous avez fait votre vie d’ antillais à Amsterdam. Aucun projet de retour ni à Paris ni en Guadeloupe ?

Avec le climat actuel et la possibilité de voyager, je mets un grand point d’interrogation. J’aime bien voyager et de par mon travail je suis amené à voyager, faire du design d’intérieur pour des gens qui sont basés dans d’autres pays : Belgique en France. Je me dis que c’est bien d’être basé dans notre pays. Mais parfois l’activité professionnelle aussi permet et voyager. Pour le moment, je mise beaucoup sur le voyage mais le voyage plus professionnel maintenant.

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