Retrouvez les interviews de membres Caribexpats tous les jours à 12h30 en partenariat avec la radio RCI dans l’émission “Les Antillais dans le Monde”. Cette semaine, Anthony, martiniquais à Montréal vous parle de son aventure canadienne. Il est arrivé ici en Permis Vacances-Travail et il pense entamer les démarches pour obtenir la résidence permanente pour rester plus longtemps.
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Réécouter l’ interview d’Anthony expatrié martiniquais à Montréal

Partie 1 – l’ interview d’Anthony expatrié martiniquais à Montréal

Bonjour Anthony, vous êtes à Montréal au Québec depuis  un an maintenant. Racontez nous comment est-ce-que vous êtes arrivé à vous installer dans ce pays.

Tout d’abord ce n’est pas ma première fois à Montréal. J’ai eu l’occasion de finir mes études ici puis je suis revenu en Martinique et l’idée me trottait dans la tête de revenir un jour dans ce beau pays que j’avais beaucoup apprécié. J’ai eu l’opportunité de revenir via le permis vacances-travail (P.V.T) et suite à une loterie j’ai pu avoir mon visa.

Racontez-moi cette histoire de loterie et comment ça a fonctionné ?

Le P.V.T c’est actuellement une loterie. On prépare tous des dossiers montrant notre éligibilité à l’immigration au Canada donc il y a beaucoup de prérequis. Une fois que nos dossiers sont complétés, on les envoie sur la plateforme, puis, via des dates sélectionnées par le gouvernement, un certain nombre de personnes sont tirées au sort et ont la chance d’obtenir le permis vacances-travail pour venir au Canada.

Cette loterie vous ouvre les portes pour un travail mais également pour la résidence ou pas ?

Dans la majorité des cas le permis vacances-travail est utilisé pour travailler mais l’idée générale du comme son nom l’indique c’est de devenir en vacances et de pouvoir travailler. Il ne faut pas oublier que le Canada est un vaste pays. Il fait partie des plus grands pays du monde donc le PVT permet aux jeunes de travailler et de partir en trip dans le pays.

Vous parlez de vos études que vous avez complétées au Canada. Quelle branche aviez-vous choisie ?

Je suis dans l’informatique. J’ai commencé mes études d’informatiques en Martinique. J’ai commencé par un BTS et ensuite je suis allé à Supinfo Martinique. Supinfo avait un campus à Montréal et j’ai tenté l’expérience. C’est là que je suis tombé amoureux de Montréal, du Canada et de cette culture.

Qu’est ce qui vous a séduit dans cette culture québécoise ?

La première chose c’est le relationnel avec les gens, les petites gentillesses, les gens sont avenants. C’est ce qui change de ce que j’ai pu connaître lors de mes d’expériences en Europe ou dans d’autres pays du monde. En plus j’ai eu l’expérience du travail aussi. Etant dans l’informatique, le Canada fait partie des pays où il est très intéressant de venir travailler. Il y a de gros défis à relever donc c’est aussi le challenge professionnel.

Mais cet hiver ça ne vous fait pas peur ?

Je dirais que cette année, comparé à ce que j’ai cru entendre en France, il n’a pas fait trop froid ici. J’ai eu l’opportunité d’accueillir la famille de ma copine et ils ont pu vivre l’hiver Canadien à -40 degrés qui est assez impressionnant  comme chiffre mais en fait une fois bien protégé on est capable d’endurer cet hiver.

Qu’est que vous faite exactement comme boulot ?

Je suis spécialisé dans les technologies Microsoft. Je suis consultant dans une banque à Montréal, mon travail c’est d’aider à l’intégration du cloud.

C’est un job que vous avez trouvé facilement ?

Oui, j’ai trouvé ce job facilement. Un mois après mon arrivée, j’ai décroché un emploi dans une entreprise et deux semaines plus tard cette entreprise me plaçait là où je suis donc chez un client.

Partie 2 – Interview d’Anthony, martiniquais à Montréal (Canada)

Est-ce-que ça veut dire que la sélection se fait par secteur d’emploi où il y a du travail au Canada ? Par exemple en informatique on recherche des personnes avec vos compétences ?

Oui tout à fait, forcément l’informatique fait partie des métiers qui sont très demandés au Canada de façon générale. On estime un chômage à quasiment proche de 0 % pour tout ce qui est informatique et de façon générale il me semble que le Canada à un taux de chômage assez faible aux alentours de 5% .

Cela veut dire que pour vous c’est cet emploi mais ça peut être plein d’autres opportunités ?

Oui tout à fait. Je pense que tout le monde peut avoir sa chance ici. C’est un pays assez ouvert et Montréal est une île multiculturelle. Cela permet aussi aux gens de découvrir d’autre nationalité, travailler avec d’autres nationalités très enrichissantes que ce soit professionnellement ou humainement.

Aussi, il y a beaucoup de d’antillais, de martiniquais à Montréal, de jeunes qui font comme vous, des études au Canada voire même s’installer…vous en voyez beaucoup ?

Oui j’ai eu l’occasion d’en voir. Parfois il y a des petits groupes d’amis, on va sortir ensemble parce que nous sommes tous Antillais donc on partage un peu la même culture. Il y a aussi des groupes Antillais qui font des soirées comme on peut trouver à Toulouse, Montpellier ou Paris. C’est vrai qu’il y a la chaleur antillaise quel que soit l’endroit où on se déplace dans le monde. J’imagine qu’on arrive toujours à se réunir, passer un bon moment ensemble, partager ces expériences et se donner des conseils entre les plus âgés et les plus jeunes pour leur intégration.

Qu’est ce que ça demande justement cette intégration ? Est-ce-qu’il y a quand même des difficultés ?

Le paradoxe c’est que les Canadiens sont très accueillants mais très difficiles d’accès. C’est vraiment dans le temps qu’ils commencent à vous apprécier, qu’ils vous ouvrent les portes de chez eux. On va très facilement discuter avec eux mais çà ne sera pas comme chez nous où ils vont vous inviter chez eux et manger, discuter. Ce qui peut aussi rebuter nombre d’entre nous c’est la température qui n’aide pas. On a quand même l’hiver durant 6 mois au Canada. Je dirai même qu’il faut considérer qu’ici il y a 3 saisons : l’été, l’automne et l’hiver. Les Canadiens sont accueillants, aimables et serviables mais il est très difficile de rentrer dans leurs cercles d’amis ou familial parce qu’ils prennent du temps avant de partager leur vie privée avec d’autres personnes. Surtout que nous sommes étrangers et ils se disent qu’on n’est pas là pour très longtemps donc ils n’ont peut être pas intérêt à partager leur vie privée avec des gens qui vont passer de façon temporaire .

Comment gérez-vous l’avenir ? Est-ce-que vous pourriez vivre de manière pérenne au Canada ?

Pour le moment c’est vrai que j’ai plus une vision d’étranger à court et moyen terme parce que le permis vacances travail nous donne 2 ans. Cela fait déjà un an donc il me reste une année. J’ai décidé de m’installer à moyen terme donc je vais me lancer dans la demande de résidence permanente qui va m’octroyer un visa de 5 ans renouvelable qui est plus intéressant pour le marché du travail. Mais de là à me projeter pour 10-20 ans, je pense que ça va dépendre aussi des opportunités qui vont se créer. Peut être que je serai amenée à bouger aux États-Unis ou ailleurs mais ça va vraiment dépendre de ça.

Partie 3 – Interview d’Anthony, martiniquais à Montréal (Canada)

Je suis agréablement surpris et très heureux de voir qu’il y a beaucoup de jeunes qui reviennent en Martinique avec des idées, qui montent des entreprises, qui essaient de se différencier et qui sortent de grands pays. Ils ramènent leurs idées, leurs études, leur passif pour nos îles et nous permettent aussi d’avancer, de donner un peu d’espoir et une vision à la jeune génération, leur dire qu’il y a d’autres Antillais qui l’ont fait et qu’ils peuvent le faire et le faire mieux !

Ceci dit, il y a deux choses, il faudrait qu’il y ait du travail en Martinique, mais c’est vrai que quand on compare aussi les conditions de travail au Canada, elles ne sont pas du tout les mêmes. Il y a beaucoup moins de congés et de soutien social autour.

Oui c’est vrai que c’est une chose à laquelle il faut s’adapter parce qu’au Canada c’est deux semaines de vacances par an, c’est le minimum proposé. Après on peut être amené à négocier, donc certains ont 3 semaines, 4 semaines, 5 semaines, mais c’est quelque chose qui se négocie au moment du contrat. Mais c’est vrai que c’est difficile, ici c’est 40 heures par semaine minimum. Aussi, c’est le côté capitaliste qui demande aussi aux gens d’être assez productifs. C’est très rare qu’on soit amené à “se tourner des pouces”. Les gens sont très focalisés dans leur travail et puis se donnent à fond, toute la semaine. Sinon, comme on voit dans les films, on prend sa petite boite et on s’en va. C’est-à-dire que ça va très vite. Autant il est très facile de trouver un emploi dans ces pays mais aussi très facile de le perdre.

Vous avez eu l’occasion de visite le pays ?

Oui tout à fait. Il est très grand donc je n’ai pas eu l’occasion de faire le tour, mais c’est vrai que j’ai commencé par la province du Québec, j’ai pu allé au delà de la ville de Québec donc à Charlevoix. J’y ai été pendant l’hiver donc j’ai pu voir les massifs montagneux avec beaucoup de neige, faire un peu de chien de traineau, voir les lacs gelés, les caisses de glace de Québec et autant de choses, totalement nouvelles pour moi. J’ai dans l’espoir, dans le cours de cette année, d’aller un peu plus vers l’ouest, dépasser Toronto, les Chutes du Niagara, aller en Alberta et à Vancouver.

C’est évidemment le Canada anglais mais les québécois parlent aussi beaucoup l’anglais. Quelle est la langue principale que vous utilisez ?

Je dirai que le Canadien est bilingue de façon générale. En tout cas à Montréal il y a plus de personnes bilingues que de personnes qui utilisent une seule langue, voire même trilingues parce qu’aujourd’hui il y a une diversité culturelle. La majeure partie des gens parlent trois langues donc le français, l’anglais, l’espagnol, ça peut être aussi l’arabe, le portugais, le mandarin ou le japonais. Donc c’est vrai que le pays se distingue d’être en deux langues, le français et l’anglais en tout cas sur la région du Québec. Mais c’est vrai que du moment qu’on va vers l’ouest ce n’est pas forcément deux langues ou le français se perd et on voit de plus en plus d’anglophones autour de soi. Mais dans le monde du travail, en tout cas en informatique c’est l’anglais qui prime.

Quels conseils vous pourriez donner à un jeune qui nous écoute et qui aimerait marcher dans vos pas ?

Je lui dirai de venir, de foncer, de ne pas avoir peur de quitter son confort et que c’est une bonne expérience, qu’elle soit bonne ou mauvaise, qu’il ait du mal à supporter la température ou autre, c’est toujours une bonne expérience et puis ça va toujours lui servir dans son futur ou que ce soit pour revenir en Martinique. Ça peut être aussi les jeunes qui ont vu quelque chose qui se passe au Canada et qui se sont dit je peux ramener ça en Martinique, je pense que ça va être une bonne idée, ça peut être un beau concept.

Partie 4 – Interview d’Anthony, martiniquais à Montréal (Canada)

Comment a réagit votre famille à l’annonce de votre départ ?

Je dirai très bien parce que je donnais beaucoup d’explications, sur mes volontés, mes objectifs. Ils ont compris que j’avais des perspectives d‘évoluer professionnellement et de m’enrichir personnellement aussi. J’ai eu l’occasion de travailler en Martinique et au bout d’un moment je suis arrivé à la limite, donc je me suis dit “il faut que je parte, il faut que j’aille voir autre chose, que je continue à apprendre”. Je n’exclue pas l’idée de revenir peut être en montant mon entreprise ou en travaillant dans une entreprise…je ne sais pas. Mais en ce moment je suis plus dans l’état d’esprit de m’enrichir professionnellement et de découvrir. C’est vrai que même en hiver ça reste un pays très dynamique où il y a beaucoup d’activités. C’est ce qui m’a vraiment frappé parce qu’en hiver on n’est pas obligé de se cantonner à la maison. Il y a des marchés de Noël, des festivals, des spectacles à ciel ouvert. Et je pense que justement ça crée un réchauffement, les gens sont contents, on oublie un peu le froid et on profite de l’événement. Dans la région de Montréal il y a, en été, beaucoup de festivals : le festival de Jazz, le festival du rire…je ne pourrais pas tous les énumérer mais il y a beaucoup de choses à voir, à faire et à découvrir.

Vous revenez régulièrement en Martinique ?

Oui j’essaie de revenir au moins une fois par an et donner des nouvelles à la famille. Surtout j’aime bien voir l’évolution de mon île et discuter avec les amis qui n’ont peut être pas l’opportunité de venir, et raconter aussi à ma famille ce que j’ai vu puisque même si on parle au téléphone ou bien via vidéo conférence, ce n’est pas la même chose. Et surtout quelque chose qui me tient à cœur c’est de revenir pour notre belle gastronomie.

Cela vous manque quand même au Québec ?

Oui. En fait quand on est habitué à des plats épicés avec nos arrangements maisons et qu’on retrouve difficilement la même chose au Canada, puisque forcément c’est une autre culture, ça vous manque. Même si on essaie de le faire à la maison, ça ne vaut jamais le goût des plats préparés par maman ou par papa.

Il y a quand même des restaurants créoles, il y a nos chefs aussi qui font parfois des opérations spéciales.

Tout à fait, justement le comité du tourisme martiniquais fait souvent des actions. Il y en avait une dernièrement avec pas mal de chefs martiniquais à Montréal. Donc c’était aussi une occasion pour moi d’aller déguster ce qu’ils nous avaient préparé et de voir si les montréalais étaient réceptifs. Même les québécois étaient réceptifs à notre cuisine et intéressés. Je fais la promotion de mon île via mes collègues. Je leur montre des photos de chez nous, je leur parle beaucoup de gastronomie pour les inciter à venir chez nous et à découvrir.

C’est vrai qu’ils sont un peu en quête de soleil, surtout durant les longs hivers, on les voit venir chez nous…

Tout à fait. Comme disent mes collègues, leurs vacances c’est dans le Sud, donc le minimum qu’ils veulent c’est le soleil, la plage et puis un verre de cocktail à la main !

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