GUADELOUPE | Créer une entreprise en Guadeloupe, c’est chose faîte pour Alicia et Yannick, les co-fondateurs d’ An Sav Fè sa. Après un parcours à Paris et à Londres, ils ont finalement choisi de revenir dans leur région il y a à peine un an. Ils veulent ni plus ni moins révolutionner le système des services ici. Ils ont déjà investi 20 000 euros dans leur premier projet Carter, une application de covoiturage et de service de chauffeurs privés et ils ne comptent pas se limiter à la Guadeloupe. Leur campagne de crowdfunding s’achève le 21 avril.

Racontez-nous votre parcours avant de rentrer en Guadeloupe.

Alicia : Après l’obtention de mon baccalauréat j’ai fait une licence en psychologie et une Licence Professionnelle (bachelor) en ressources humaines. Ensuite, j’ai travaillé en tant qu’assistante RH. Puis la question de l’étranger c’est posée. Je devais partir au Canada mais j’ai choisi de rentrer Guadeloupe pour m’occuper d’ An Sav Fè Sa avec Yannick !

Yannick : Après mon bac en Guadeloupe, je suis parti étudier à Paris. J’ai d’abord fait une licence en Sciences Humaines et sociales. Puis je l’ai complétée par un Master RH en contrat de professionnalisation durant lequel j’ai fait un stage à Londres. J’ai ensuite travaillé à Paris, puis j’ai démissionné pour finalement rentrer en Guadeloupe, me mettre à mon compte et me consacrer aussi à An Sav Fè Sa avec Alicia ! Nous travaillons aussi avec Mathieu chargé de la communication et des relations publiques et Florian, community manager !

Justement, An Sav Fè Sa qu’est-ce-que c’est ?

An sav fè Sa est une entreprise dont le but est d’accélérer la relation entre la compétence et la demande en matière de services. C’est vraiment parti de ce point de vue là. Nous nous sommes rendus compte qu’aux Antilles, il y avait des talents d’un côté et des besoins de l’autre. Pourtant le discours comme quoi il n’y a pas de travail et de compétences persiste. Notre leitmotiv c’est de répondre à un besoin en s’appuyant sur les compétences locales. Il y a tout sur place pourquoi aller chercher ailleurs ? A terme, cela doit être une énorme plateforme reliant toutes sortes de compétences en Guadeloupe, puis en Martinique et ailleurs…, pour l’instant nous avons décidé de nous consacrer au secteur des transports en Guadeloupe avec l’arrivée de Carter !

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L’application Carter. © An Sav Fè Sa

Carter, qu’est-ce-que c’est ?

Carter, c’est le “premier bébé” d’An Sav Fè Sa, c’est une application mobile qui propose deux services : un service de covoiturage et un service de chauffeurs privés. Pour l’instant en Guadeloupe, il y a environ une centaine de testeurs sur Android. Les utilisateurs d’IOS devront être patients pour la phase test !

Comment ça fonctionne ?

Tout d’abord l’application consomme peu de données. Elle n’en consomme que si on l’utilise. Elle peut géolocaliser une personne même dans les Grands-Fonds, avec un faible pourcentage de batterie restante. Par exemple, si le téléphone est à 3% de batterie et que l’utilisateur fait sa commande, le chauffeur pourra quand même venir dès l’instant où la commande est passée même si le téléphone s’éteint. En ce qui concerne le covoiturage, le covoitureur publie un trajet quotidien ou ponctuel. Le covoituré recherche un trajet, lorsqu’il y a une correspondance, ils sont mis en relation automatiquement via l’application et ils peuvent gérer leur correspondance sur la partie trajets, réservation. Il y a aussi une option “récurrence”, qui évite de rentrer les mêmes informations pour les trajets quotidiens. L’option “girls only” permet de choisir un covoiturage exclusivement réservé aux femmes. Pour la partie chauffeur privé, le prix affiché sur la course ne change pas même en cas d’embouteillages, qui peuvent être anticipés, le montant restera à peu de choses près le même, et pour des questions de sécurité, le paiement se fait uniquement par l’application donc par carte bancaire.

Qu’est-ce qui vous a motivé à créer une entreprise en Guadeloupe ?

Durant mon stage à Londres, j’ai découvert le site people per hour. Il permet d’effectuer des activités en freelance en fonction de ses compétences. A partir de là, même si l’on ne pensait pas encore à créer notre boîte, on s’est dit qu’on pourrait faire la même chose en Guadeloupe car ici il y a toutes les compétences. Les choses se sont accélérées en mai 2016 à la fin du concours #PitchTonInno de la Banque Publique d’Investissement ou nous étions parmi les 10 finalistes sur 80 candidats. Nous avons fait le choix de rentrer en Guadeloupe pour créer une entreprise et nous consacrer au développement de la plateforme. L’avantage c’est que le contact se fait en face à face et les choses vont beaucoup plus vite. On se rend compte que la vie est beaucoup moins linéaire. C’est aussi plus facile de se faire un réseau en Guadeloupe qu’en France hexagonale.

Quelles difficultés peut-on rencontrer quand on veut créer une entreprise en Guadeloupe ?

Disons que le fonctionnement n’est pas pareil. Les démarches se font plutôt en face en face, la lenteur administrative n’est pas un mythe. Quand on se déplace, les choses se débloquent plus vite. Nous avons eu des difficultés, mais elles ne sont pas insurmontables parce que nous sommes là !  Il faut arrêter de dire qu’on ne peut pas créer une entreprise en Guadeloupe. C’est faux ! Il y a beaucoup de créateurs d’entreprises mais aussi un vivier de personnes prêtes à accompagner gratuitement et à chaque stade de la création d’entreprise. Aux Antilles, on n’est pas seuls ! Cependant, il faut bien choisir les personnes avec qui on va travailler. Cela se retrouve dans toute création d’entreprise ce n’est pas lié uniquement à la Guadeloupe. On essaie de tordre le cou aux clichés, on réussit à chaque fois à prouver le contraire. An Sav Fè Sa prend le contre pied des idées reçues en Guadeloupe.

Comment envisagez-vous le développement d’An Sav Fè Sa dans les prochaines années ?

Tout simplement, avec des petits frères et soeurs de Carter ! Carter c’est un bout de notre ambition, en matière de transports. Nous voulons répondre à des besoins, et être des leaders sur la mise en relation de compétences. Pouvoir accompagner chaque antillais tout au long de sa journée en fonction de ses besoins. Nous souhaitons nous positionner comme des acteurs du développement aux Antilles.

Vous avez investi 20 000 euros et vous faîtes une collecte de fonds pour développer ce projet, n’est-ce-pas ?

Notre campagne de crowdfunding se termine le 21 avril.  Notre but est d’avoir 13 000 personnes qui mettent 1€ plutôt que 13 personnes qui mettent 1000€. Parce que finalement le but du crowdfunding est de fédérer et valider l’application autour de nos utilisateurs. Il n’y a pas plus belle étude de marché qu’une campagne de crowdfunding réussie, même si c’est 5€, contribuez, donnez la force !

Plus d’infos sur An Sav Fè Sa : la campagne de crowdfunding de l’application Carter, site web, facebook, twitter
A lire aussi : les articles de Mylène Colmar et Médiaphore

Reporter Caribexpat.com : Nadège Saha
Crédits photos : An Sav Fè Sa.

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