caraibexpat_gerald_colombie_martiniqueGérald est Martiniquais et gère Platypus Agency, son entreprise de création de site web.

Jusque là rien d’étonnant direz-vous ? A trois détails près : il a monté cette société en Colombie en 2012 à 26 ans et ekshop.fr, le site des produits dérivés d’E.sy Kenenga, c’est aussi l’une de ses créations !

 

 

 

 

 

Comment t’es venue l’idée de partir en Colombie créer ton entreprise ?

Un ami a obtenu un contrat avec une marque américaine pour distribuer des chaussons en Europe et il avait besoin de créer un site e-commerce. Nous avons fait faire des devis mais c’était plutôt cher :     environ 18 000 euros. Pour le même budget à peu près, il était possible de créer une société en Colombie pour développer le site, ses évolutions voire d’autres projets avec l’avantage d’avoir une équipe dédiée donc plus réactive.

Vous vous lancez tous les 2 et pour 18 000 euros vous créez tout en 1 mois ?

En fait, j’étais encore en CDI dans une société de conseils en systèmes d’information à Paris. J’avais 26 ans et mon associé 27 ans. Nous nous sommes dit qu’on avait 1 mois pour trouver un local, recruter et former du personnel sur les outils qu’on mettrait en place. Nous sommes passés par un cabinet d’avocats. C’est plus simple pour créer sa société en Colombie en 1 mois car ils savent gérer les démarches administratives.

Comment avez-vous recruté votre équipe ?

Et bien çà s’est fait très vite aussi ! Tout d’abord nous avons créé un formulaire sur internet pour cibler les profils. Ce fût un gros filtre, nous étions tordu de rire en voyant certaines réponses ! Au moins cette méthode évite de faire perdre du temps au recruteur tout comme au candidat.

Comme nous savions que nous ne serions pas là tout le temps, nous devions trouver des personnes autonomes, dynamiques et créatives. Nous recherchions 2 profils juniors en web design et développement et un senior pour l’encadrement. Nous avons trouvé les 2 premiers et pour le senior nous sommes tombés sur le profil idéal : un candidat de 40 ans qui connaissait les méthodes de projet qu’on voulait appliquer dans l’entreprise. En arrivant à l’entretien il était étonné de constater que nous étions aussi jeunes !

Après cette sélection, il y a eu un cas pratique assez anecdotique. Comment çà s’est passé ?

Les 3 candidats devaient travailler sur un projet pendant 3 heures. Le senior a pris 1h pour les briefer ce qui était déjà trop. A la fin de l’épreuve nous lui avons accordé du temps supplémentaire. Au moment de la démonstration finale çà ne fonctionnait pas. Mais cela arrive çà ne nous gênait pas.

Par contre il s’est carrément énervé contre les 2 jeunes et les a invectivés ! L’un d’entre eux a fini par résoudre le problème. Quant au senior, il n’a pas réussi à faire une de ses tâches obligatoires. Nous sommes donc passé du profil idéal a un profil qui ne savait ni manager ni mener à bien ses propres taches.

Quelle a été la décision finale ?

Finalement nous avons embauché les 2 juniors uniquement. Nous les payons un peu plus que la moyenne* car nous ne sommes pas présents tous les jours. Ils ont accepté car mine de rien ils ont quand même du mal à trouver du travail en Colombie. J’ai aussi mis en place les outils et les méthodes de management de projet du grand groupe dans lequel je travaillais donc ils ont beaucoup appris.

Cliquez ici pour lire la 2ème et dernière partie de l’interview de ce jeune entrepreneur Martiniquais plein d’ambition !

Tu as géré ton premier grand projet entre la France hexagonale et la Colombie. Comment çà s’est passé ?

J’ai continué à travailler dans les systèmes d’informations à Paris en aménageant ma journée. Le soir et le week-end je gérais les projets de Platypus. Le site de vente en ligne de chausson sleeperz.eu c’était le premier projet sur lequel nous avons travaillé et il nous a fallut 8 mois.

Je travaillais tout le temps et çà devenait compliqué parce que ce sont des produits saisonniers. L’hiver approchait et nous n’avions toujours pas lancé le site. Nous avons travaillé nuit et jour pour faire les tests et régler les problèmes techniques. Il fallait que le site soit en ligne coûte que coûte !

Ce premier défi est donc réussi ! Qu’est-ce-que ces difficultés t’ont apporté ?

Aujourd’hui nous pouvons dire que nous avons éprouvé toutes les difficultés que l’on peut rencontrer dans l’e-commerce : paiement, logistique, problèmes informatiques, référencement naturel…nous maitrisons tout çà.

Pour sleeperz, les produits sont fabriqués en Chine et transportés en Europe. Mon associé s’occupe de toute cette partie : acheminement, chargement dans des conteneurs, organisation dans un entrepôt…jusqu’à la création d’un système e-logistique qui optimise aussi le travail des personnes qui récupèrent les commandes selon l’emplacement des produits.

Comment se développe l’entreprise aujourd’hui et comment serait-elle dans 5 ans ?

Aujourd’hui je ne suis plus salarié mais je fais encore la navette à Paris pour des missions de conseils en indépendant. Cela me permet d’investir dans Platypus. A côté, je prospecte des clients pour l’entreprise. Pour le moment nous avons 3 clients importants : un groupe de gestion de patrimoine, sleeperz, et ekshop, le site de vente en ligne des produits de l’artiste E.sy Kennenga qui a un an maintenant. Nous l’avons accompagné sur la création et la logistique.

A terme, j’aimerais avoir des équipes dédiées pour chaque client.

Comment Platypus tente de se différencier par rapport aux autres acteurs du marché ?

C’est très simple la plupart de nos concurrents ne peuvent pas proposer une offre globale dans le monde du e-commerce. En interne nous avons des profils d’ingénieurs informatique et logistique ainsi que grande école de commerce ayant tous travaillés pour des grandes entreprises.

Que conseillerais-tu aux entreprises et artisans qui ne sont pas encore présents sur le web ?

Il faut que tous les professionnels qui vendent des biens matériels s’y mettent. Demain tout le monde y sera donc autant être le premier. Les entreprises doivent en prendre conscience et oser investir. Si elles ne veulent pas que leur chiffre d’affaires stagne il faut penser à d’autres canaux de distribution. Cela peut s’appliquer à tous les types de business.

Le réflexe des gens qui cherchent un produit c’est d’aller sur google. Par exemple, un artisan qui fait des tables sur mesure en Martinique n’aura pas de concurrence sur internet. Quand on cherche ce genre de produit on ne trouve rien donc celui qui s’y met et qui fait un peu de référencement sur son secteur va récupérer 100% du trafic. Même si cela correspond à 30 clients par mois c’est déjà énorme en terme d’évolution de chiffre d’affaires !

De plus, on a tendance à penser comme la majorité des gens qui sont au centre de l’île mais ceux qui habitent à St-Anne ou Grand Rivière n’ont pas forcément envie de se déplacer au centre pour des achats. Ils pourraient se faire livrer ou les récupérer dans un point relais !

Le mot de la fin ?

Ceux qui veulent se lancer peuvent passer par Platypus bien sûr ! Nous prenons le temps d’analyser les besoins, concevoir le site, proposer un design, une ergonomie. Nous avons éprouvé pas mal de choses. Nous accompagnons également les clients sur la mobilité, les paiements en ligne, sans contact ou par smartphone.

Ce sont sur ces bons conseils que se termine le dernier volet de l’interview de Gérald. Quelle sera la prochaine destination ? A vous de choisir un pays parmi les destinations des antillais dans le monde et laisser vos commentaires et suggestions à la fin de l’article !

* Salaire moyen d’un webdesigner = 1,2 millions de pesos donc entre 500 et 600 euros charges comprises. 1 euros = 2700 pesos Colombien.

Rédaction : Doris Nol pour Caribexpat.com 

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