MAYOTTE | Rencontre avec un antillais à Mayotte ! Pierre est passionné de voyage, il travaille d’ailleurs pour une compagnie aérienne. Embarquement immédiat dans son quotidien de technicien aéronautique ! Comme lui, géolocalisez-vous en ligne et rejoignez la communauté Caribexpat !

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© Pierre

Qu’est-ce-qui t’a amené à Mayotte ?

Je suis arrivé en Guadeloupe à l’âge d’un an avec ma mère originaire d’Haïti afin d’y rejoindre mon père déjà installé depuis 10 ans. J’ai passé un BAC professionnel aéronautique à l’annexe du Lycée Blanchet à l’Aéroport du Raizet. Puis, j’ai quitté la Guadeloupe en 2008 pour poursuivre une licence B1 Aéronautique à Toulouse. A mon retour en Guadeloupe en 2011 j’ai intégré l’équipe d’Air Antilles où j’y ai fait une spécialisation en passant une “QT ATR 42 et 72”. C’est une qualification sur un type d’avions précis. C’est grâce à cette spécialisation que la compagnie Air Austral m’a proposé d’intégrer leur filiale Ewa Air à Mayotte, en tant que technicien.

Comment se passe ton quotidien en tant que technicien aéronautique ?

Ewa Air est une toute jeune société donc mon rôle évolue à chaque instant. J’ai plusieurs casquettes. En tant que technicien, j’interviens en cas de problème sur les avions et je m’assure de la bonne navigabilité de chaque appareil. Je suis aussi logisticien et je me charge de l’importation et l’exportation des pièces des avions ainsi que du suivi des stocks. Travailler au sein d’une jeune société permet d’accéder plus rapidement à des opportunités. Grâce à mon implication, j’ai l’honneur d’intégrer une formation de Technicien Qualifié sur Boeing 787 dès février ! C’est comme un rêve qui se réalise car le Boeing 787 est un gros porteur !

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Lagon de Mayotte. © Pierre

Qu’elle a été ta première impression à ton arrivée à Mayotte et comment t’es-tu adapté aux différences culturelles ?

C’était plutôt mitigé, j’étais même perdu ! Je ne trouvais pas ma place dans la société car les différences culturelles sont flagrantes : les tenues vestimentaires comme le “Salouva”, le masque de beauté “le M’sindzano”,…leur culture est leur fierté ! Aux Antilles nous portons nos tenues traditionnelles seulement pour les grands événements et c’est dommage. Je me suis familiarisé avec la population et j’ai pu m’intégrer avec le temps. C’est là que j’ai eu le coup de cœur pour Mayotte ! Aujourd’hui je me considère réellement comme un Mahorais à part entière. Le nombre de Mosquées m’a aussi marqué. La première fois que j’ai entendu l’appel à la prière, j’ai demandé à mes collègues s’il y avait une manifestation. Je pense qu’ils en rient encore !

Quand la Guadeloupe te manque est-ce-qu’ il t’arrive de rencontrer d’autres antillais à Mayotte ?

A mon arrivée, j’ai eu la chance d’avoir un collègue antillais. Je tiens à le saluer car il est le 1er pilote d’ Ewa Air et il a été nommé Chef de secteur. C’est une fierté de voir des compatriotes réussir et nous représenter positivement ! Il existe un restaurant antillais à Mayotte qui s’appelle d’ailleurs “l’Antillaise”, où l’on retrouve une bonne partie de la communauté des antillais à Mayotte. Elle est est très active et organise pas mal d’événements. Il y a quelques semaines, j’ai vécu un “Chanté Nwel” comme au pays ! Sinon, c’est ma petite maman qui me manque le plus (rires) ! Mes responsabilités de Conseiller Municipal de la Jeunesse et de la Cohésion sociale au sein de la mairie de Sainte-Rose me manquent également tout comme beaucoup de projets pour la jeunesse que je n’ai pas pu mettre en place à cause de mon départ.

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Mont Choungui. © Pierre

Quelle chose typique de Mayotte rapporterais-tu dans ta valise de retour en Guadeloupe ?

Le respect des jeunes envers les aînés ou encore la place des femmes dans la société mahoraise. Elles jouent un rôle important ici elles sont actrices de leur vie. J’irais même jusqu’à dire que la société mahoraise est matriarcale !

Comment ton entourage réagit-il quand tu lui parles de la Guadeloupe ?

En général, la Guadeloupe a bonne presse. Elle est synonyme de beaux paysages et d’une région développée. Plus récemment, l’image de la Guadeloupe a été ternie avec les reportages pointant du doigt la délinquance.

Quels liens gardes-tu avec la Guadeloupe et ou te vois-tu dans quelques années ?

Mayotte a été pour moi un véritable tremplin. Je m’y vois encore durant les trois prochaines années au moins. Ensuite, j’aimerais continuer à parcourir le monde grâce à mon métier. D’ailleurs, je prends des cours de pilotage en parallèle pour obtenir ma licence de pilote privé. Mes différents voyages me permettent d’acquérir de nouvelles connaissances et compétences que j’apporterais avec plaisir en Guadeloupe, afin d’y dynamiser le développement, créer de l’emploi mais également dans l’optique d’enrichir mon île et de la faire évoluer ! La jeunesse guadeloupéenne à un fort potentiel il suffit juste de l’accompagner !

Rédaction : Lyvia Lavital pour Caribexpat.com 

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