Kanelle_Miami_photo_CaraibexpatKanelle fait partie du réseau des guadeloupéens dans le monde (comme elle, rejoignez-nous aussi). A 30 ans, elle a le voyage dans la peau.
Après avoir quitté sa Guadeloupe natale, elle a vécu en Europe, dans différentes îles anglophones de la Caraïbe ainsi qu’aux Etats-Unis où elle a eu sa dernière expérience en tant que chargée de coopération pour la Région Guadeloupe à Miami.

Quel a été ton parcours avant d’arriver ici ?

Je suis titulaire d’un master affaires internationales et j’exerce dans ce domaine depuis 2010. J’ai attrapé le virus de l’expatriation en 2005, en passant ma 3e année de scolarité à Sciences Po Paris, dite « hors les murs », à l’université de Sussex, à Brighton. Ensuite j’ai eu la chance de repartir en échange universitaire à George Washington University, à Washington DC. Puis, j’ai travaillé dans des structures très différentes : postes diplomatiques, ONG et collectivités. J’ai travaillé aux Iles Vierges Britanniques, à l’Association des Etats de la Caraïbe (A.E.C) à Trinidad et à l’ambassade de France en Jamaïque.

Tu as eu des expériences dans plusieurs pays. Pourquoi as-tu choisi cette destination plutôt qu’une autre ?

L’opportunité de travailler à Miami s’est présentée en 2013. J’ai accepté avec joie, et j’aurais accepté toute offre similaire dans la zone. La Caraïbe me passionne et la perspective de partir vivre à Miami, qui est souvent présentée comme la capitale économique de la région, m’a beaucoup enthousiasmée.

En tant que chargée de coopération pour le conseil régional de Guadeloupe à Miami, en quoi consistaient tes missions ?

En tant que chargée de coopération régionale au consulat de France à Miami, j’ai été pendant deux ans une intermédiaire entre les porteurs de projet et institutions de Guadeloupe et leurs homologues dans le Sud de la Floride. Parmi mes missions principales figuraient l’instruction de demandes de subvention et le montage de projets de coopération tels que des conférences et échanges universitaires ou des collaborations entre artistes guadeloupéens et centres culturels de Miami. J’étais également chargée de l’accompagnement sur place ou à distance d’entrepreneurs guadeloupéens à Miami. La coordination de missions de prospection et la mise en relation avec les organismes de développement économique de Floride et la communauté d’affaires francophone constituaient l’essentiel de ma mission en matière économique. J’ai également fourni un travail de veille visant à informer ma direction des opportunités offertes par la Floride, notamment en matière économique, culturelle et universitaire.

Comment as-tu organisé ton départ ?

Mes expériences d’expatriation ont jusqu’ici été liées à mon parcours académique ou à des opportunités professionnelles. Dans ce type de contexte, on bénéficie souvent d’un accompagnement par l’institution d’accueil, ce qui facilite les choses. Pour Miami, comme en 2009 pour ma mission de volontaire internationale en Jamaïque, c’est le Ministère des Affaires Etrangères qui a géré les démarches administratives. Il m’a suffit de transmettre au Ministère les documents nécessaires à l’établissement d’un passeport de service et du visa correspondant. Un guide du nouvel arrivant transmis par le consulat de France à Miami m’a été d’un grand secours pour le reste : recherche de logement, d’assurance maladie etc…Les guides type Lonely Planet et des outils comme Google Map sont incontournables pour se projeter dans les semaines précédant le départ.

Comment se sont déroulés tes premiers jours ?

Je suis arrivée à Miami quelques jours avant ma prise de poste et je me suis immédiatement consacrée à ma recherche de logement. J’ai fait appel à un agent immobilier recommandé par mes collègues (leurs services sont gratuits pour les locataires) et j’ai trouvé un appartement en 3 jours. Mais le processus était loin d’être terminé : les associations de copropriétaires peuvent prendre jusqu’à 15 jours pour approuver les candidatures. Entre propriétaires indélicats et règlements de copropriété contraignants, la question du logement est sans doute la plus sensible pour le nouvel arrivant.

Qu’est-ce-qui t’a le plus marqué à Miami par rapport à la Guadeloupe ?

Miami est une ville très cosmopolite marquée par une forte influence latino-américaine et une présence caribéenne non négligeable. J’ai été frappée par l’omniprésence de l’espagnol dans la vie quotidienne. Les affichages publics se font en général en 3 langues : l’anglais bien sûr, mais aussi l’espagnol et le créole haïtien. Je trouve intéressant qu’alors que l’affichage en créole fasse de timides débuts dans les espaces publics en Guadeloupe, il soit la règle à Miami, jusqu’aux consignes de sécurité dans le bus ! La ville vit au rythme de son industrie touristique et sait se faire accueillante.

Voilà un premier extrait de l’interview de Kanelle consacrée à son parcours. Elle échangera sa casquette de chargée de coopération pour devenir votre guide virtuel dans le prochain épisode afin de vous donner quelques recommandations sur la vie à Miami. N’hésitez pas à lancer la discussion en laissant vos commentaires et questions à Kanelle sous l’article !

Aurais-tu quelques conseils côté vie pratique à Miami ?

Je recommande de préparer avec soin sa recherche de logement. Les municipalités sont très différentes les unes des autres : Coral Gables, coquette et familiale, ne ressemble pas du tout à Miami Beach, balnéaire et trépidante. Le logement représente en général une part importante du budget, je recommande de se familiariser avec le marché avant d’arbitrer. L’autre caractéristique de l’agglomération, c’est la remarquable inefficacité du réseau de transport public. Là encore, ne pas hésiter à étudier le plan de la ville avant de choisir son lieu de résidence.

Quels sont tes recommandations quant à la stratégie et la recherche d’opportunités pour ceux qui aimeraient tenter leur chance à Miami (développement d’entreprise, stage, emploi…) ?

Ma recommandation principale est la suivante : avant de faire appel aux services parfois très couteux de spécialistes (avocats, consultants etc…) pensez à solliciter les organismes publics dont la vocation est d’accompagner les investisseurs. Les services de développement économique des mairies et de l’Etat (tels que le Beacon Council ou Entreprise Florida) mettent gratuitement à la disposition des entrepreneurs une quantité impressionnante d’outils et d’informations. Les secteurs prioritaires définis par les services publics sont identifiés sur les sites internet de ces organisations. Localement, des agences de développement économique telles que Guadeloupe Expansion représentent également des ressources précieuses. N’hésitez pas à intégrer des réseaux de solidarités tels que celui qui se construit autour de Caraibexpat, mais aussi les chambres de commerces par exemple. Participez aux évènements de networking, recueillez les expériences et impressions des gens qui vous ont précédé. Aux candidats à la recherche d’emploi : soyez au clair avec les questions d’immigration et choisissez le bon visa. Les informations figurent sur le site de l’ambassade des Etats-Unis en France.

Quel ont été ton meilleur et ton pire souvenir ?

Mes meilleurs souvenirs : les concerts ! Mon pire souvenir : le stress de la recherche de logement.

Après toutes ces expériences internationales, quels sont tes projets ?

Après avoir passé près de 10 ans accrochée à ma valise (Angleterre, Iles Vierges, Jamaïque, Trinidad et 2 villes américaines), j’ai envie de stabilité. L’expatriation est passionnante mais aussi coûteuse sur le plan personnel. J’ai pris récemment la décision de fêter mon 30e anniversaire en Guadeloupe et de m’ancrer dans mon île.

Selon toi, dans quels domaines nos entrepreneurs antillais pourraient-ils développer des échanges entre la Guadeloupe et la Floride ?

Un fort désir de Guadeloupe anime les institutions de Floride. Les centres culturels, les musées, et les universités mais aussi les chambres de commerce et les organisations dédiées au développement économique ont accueilli avec enthousiasme nos propositions de partenariats et nos délégations. Nos artistes et créateurs, mais aussi nos entrepreneurs, pourvu qu’ils soient bien orientés et préparés, ont tout intérêt à se positionner. Beaucoup de nos compatriotes chefs d’entreprise l’ignorent, mais une foule d’outils d’accompagnement gratuits existent sur place. Pour ce qui est des industries culturelles, j’ai noué des relations particulièrement fructueuses avec la diaspora haïtienne de Miami, qui a une vraie politique d’ouverture vers toute la Caraïbe et n’hésite pas à partager les infrastructures dont elle dispose.

Quels sont les 4 choses indispensables à faire ou connaître quand on visite Miami ?

  1. Jouer les touristes
    Quand on part pour des raisons professionnelles, on néglige parfois de profiter réellement des plaisirs offerts par la destination. Continuer à s’émerveiller des charmes du pays dans lequel on vit, c’est fondamental.
  1. Manger
    Le tour du monde par les papilles gustatives. Cuisine péruvienne, colombienne, haïtienne, cubaine, brésilienne…voyager sans prendre l’avion, c’est possible à Miami.
  1. Danser
    Un des avantages d’une grande ville américaine, c’est la possibilité d’assister à de grands concerts. On dit souvent de Miami qu’elle est une capitale caribéenne : soirée trinidadienne, festival jamaïcain, salsa à Calle Ocho, un quartier cubain. On peut tout essayer.
  1. La météo n’est pas celle que l’on croit.
    La température peut descendre sous la barre des 10° les matins les plus froids de l’hiver. L’été est ponctué par de terribles orages en fin de journée. Méfiance !
  1. Laisser des pourboires.
    Un réflexe à prendre : penser aux pourboires, entre 15% et 20% de la note en règle générale.

Sinon, tout à Miami rappelle nos îles, de la végétation à la cuisine. Je ne crois pas qu’il soit nécessaire de faire de gros ajustement en arrivant là bas.

As-tu rencontré d’autres caribéens francophones là-bas ?

Il existe une communauté haïtienne nombreuse et bien implantée, dont témoigne notamment l’existence du quartier de « Little Haiti » au cœur de Miami. Avec un centre culturel très dynamique, des musées et galeries d’art, une alliance culturelle et un programme d’apprentissage du français, c’est sans aucun doute la communauté caribéenne francophone la mieux représentée. J’ai aussi rencontré des Guadeloupéens et des Martiniquais, souvent étudiants, chercheurs ou jeunes professionnels. Le potentiel d’une mise en réseau de toutes ces expériences est énorme.

Un mot pour la fin ?

Un proverbe créole résume parfaitement l’expatriation : « sé zyé ki lach ». Vivre loin des siens, apprendre une langue étrangère, tout à l’air insurmontable avant le départ. Mais nos cerveaux sont faits pour apprivoiser l’inconnu, et on ne regrette jamais d’être parti.

N’hésitez pas à lancer la discussion en laissant vos commentaires et questions à Kanelle sous l’article !

Reporter : Cédric Narbonnais pour Caribexpat.com

3 Commentaires
  1. Guillaume Wintz 3 années Il y a

    Bonjour

    Votre mission a miami pour la Guadeloupe est donc terminée soi je comprends bien ?

  2. Valerie 2 années Il y a

    Bonjour,
    Comment faire pour rentrer en contact avec Kanelle ? Merci

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